Corée du Sud : L’examen du « suneung » bloque le pays

Corée du Sud : Le « suneung », fameux examen le plus dur du pays a commencé

ÉpreuveNeuf heures d’examen, plus d’un demi-million de candidats et un pays mis sur pause… Le « suneung », l’examen le plus sélectif de Corée du Sud a débuté le 16 novembre
Séoul : Un demi million d'étudiants passent l’examen du suneung
Albane Ythier

A.Y. avec AFP

L'essentiel

  • Durant neuf heures, plus d’un demi-million d’étudiants sud-coréens planchent sur des exercices de mathématiques, d’anglais, de sciences et d’études sociales : c’est le « suneung ». Autour d’eux, le pays est mis sur pause pour éviter toute nuisance.
  • L’examen sert de sésame aux étudiants pour décrocher une place dans les meilleures universités du pays mais permet aussi d’accéder à un statut social élevé, à des carrières lucratives et même à de bonnes perspectives de mariage.
  • Mais le système éducatif sud-coréen est pointé du doigt, jugé ultra-compétitif et favorisant la dépression et le suicide des étudiants.

C’est avec sérieux et détermination que les étudiants entament l’examen. En plus de permettre de décrocher une place dans l’une des meilleures universités de Corée du Sud, le « suneung » est considéré comme la voie d’accès à un statut social élevé, des carrières lucratives et même de bonnes perspectives de mariage.

Cet examen est si important que les autorités ont pris des mesures drastiques pour empêcher toute perturbation pendant l’examen.

Pas de vol, ni d’embouteillages

Afin de réduire les nuisances sonores pendant l’écoute du test d’anglais, le ministère des Transports de Séoul a annoncé une interdiction nationale de tous les décollages et atterrissages d’avions pendant trente-cinq minutes, à l’exception des situations d’urgence.

À l’exception des avions en détresse, tous les avions en vol doivent maintenir une altitude supérieure à 3.000 mètres pendant cette courte période. Plus de 90 vols ont dû être reportés à cause de l’examen.

Les services publics et les grandes entreprises ont été priés d’ajuster leurs heures d’ouverture afin de réduire les embouteillages et de garantir que les étudiants arrivent à l’heure pour l’examen national, qui a débuté à 8h40 locales. La Bourse de Séoul a également ouvert une heure plus tard que d’habitude.

Un examen plus accessible

Pour l’examen de cette année, les autorités ont abandonné les « questions tueuses », c’est-à-dire celles auxquelles on ne peut pas répondre en étudiant seulement le programme enseigné dans les écoles publiques, dans le but de réduire la dépendance à l’égard des écoles privées coûteuses.

« Des questions de difficulté appropriée ont été sélectionnées (…) pour garantir que (les étudiants) puissent démontrer leur aptitude sur la base uniquement du contenu couvert dans le programme d’enseignement public », a déclaré jeudi Jeong Moon-seong, un professeur d’université qui a supervisé l’administration de l’examen cette année.

Une pression dangereuse pour les élèves

Si cet examen peut permettre aux étudiants d’atteindre le sommet de l’échelle sociale, sa préparation est fortement pointée du doigt. L’énorme pression exercée sur les étudiants dans le système éducatif ultra-compétitif de Corée du Sud a été accusée de favoriser la dépression et le suicide des adolescents, dont les taux sont parmi les plus élevés au monde.

Les ménages sud-coréens ont dépensé l’année dernière plus de 20 milliards de dollars en cours privés pour les élèves des écoles primaires, collèges et lycées, selon les statistiques officielles.