la fronde des propriétaires s'organise
Mirail Avec le grand projet de ville, 82 particuliers ont peur de devoir brader leurs bienseric dourel
Lorsqu'il a acheté son appartement en 1975, il se souvient qu'il « se baignait dans le lac de la Reynerie ». Une autre époque. Aujourd'hui, ce copropriétaire de l'immeuble Messager, rue de Kiev, dans le quartier du Mirail ,s'interroge sur le devenir de ce tripode de quinze étages. Construit en 1968 par l'architecte Candélis, il compte de 260 appartements.
Propriétaires en sursis
Ils sont 82 dans son cas. Tous propriétaires d'un appartement de 45 m2 au 120 m2. Tous avec des revenus modestes : 989 € en moyenne. « Ici, il n'y a pas de cadre, pas d'élus, que des petites gens qui vivent là depuis des années », souligne cette mère de famille. Et aujourd'hui, alors que le Plan de Sauvegarde, la feuille de route qui va dessiner l'avenir de l'immeuble, vient tout juste d'être lancé, les copropriétaires privés s'interrogent pour savoir à quelle sauce ils vont être mangés.
« Jusqu'à il y a quelques mois, on croyait à une réhabilitation. Aujourd'hui, l'hypothèse qui se précise, c'est la démolition », explique une résidente. « Nous n'avons jamais caché notre volonté de démolir Messager pour désenclaver ce quartier. Au final, cette décision appartient au préfet, c'est lui qui tranchera », réagit Claude Touchefeu, adjointe au maire, chargée de la politique de La Ville. N'empêche, qui dit démolition, dit vente des appartements. Dans le cadre du plan de préemption lancé par la mairie, le bailleur Les Chalets, qui possède les 178 logements sociaux restants commence à racheter les appartements au prix de 900 € le m2. « C'est totalement inacceptable au regard du prix au m2 dans le quartier qui se négocie aux alentours des 1 300 € à 1 500 €. Ils seront donc obligés de redevenir locataires », tempête Taïcir Fadel, juriste à l'Association Girondine des Copropriétaires du Sud Ouest qui épaule les résidents de Messager. « Je comprends très bien leur angoisse, mais pour le moment aucune décision sur les indemnisations n'a encore été prise », conclut l'adjointe au maire.