De la prison ferme pour les agresseurs

De la prison ferme pour les agresseurs

justice Cinq hommes étaient jugés mardi pour avoir tabassé un automobiliste à Arnaud-Bernard
julie rimbert

julie rimbert

«Une tentative de lynchage pour une sombre histoire de voiture qui bloque la rue », selon le procureur du tribunal correctionnel de Toulouse. Deux des cinq prévenus âgés de 24 à 52 ans, poursuivis pour « violence aggravée en réunion avec arme » contre un conducteur samedi à Arnaud-Bernard, ont été condamnés mardi à six mois de prison ferme. Deux autres prévenus ont écopé de trois mois ferme. Le dernier suspect a quant à lui été relâché pour vice de procédure.

Les suspects nient les faits
Samedi soir, la victime de 28 ans a été agressée par une bande d'hommes, alors qu'il leur demandait de dégager une voiture arrêtée dans la rue des Quêteurs. Un bouchon se formant progressivement, il klaxonne et descend de son véhicule. Une vitre de sa voiture est alors cassée et des coups lui ont été assénés. Après avoir fui, la victime est revenue pour récupérer un bijou de famille perdu lors de l'altercation. Elle a alors subi des jets de bouteilles, de bâtons et de chaises. Mardi, l'homme s'est présenté à l'audience un pied bandé, blessé au dos et à l'œil. « J'ai été très choqué par cette agression car la route n'est pas un bien privé, elle appartient à la République, a expliqué la victime. Dans ce quartier, certains se croient tout permis et se considèrent au-dessus des lois. »
Les prévenus ont, quant à eux, nié les faits en bloc, assurant ne pas se connaître. Pour Axelle Chorier, avocate de deux prévenus, « les déclarations de chacun étaient contradictoires et la relaxe devait prévaloir devant des faits aussi flous. Certains des prévenus n'avaient pas de casier judiciaire et sont intégrés dans la société, avec un travail et des enfants. » L'avocat de la victime estime quant à lui que les faits relèvent d'une extrême gravité. « La loi des clans n'est pas plus forte que la loi de la République, a souligné Arnaud Agba. Ces peines de prison sont justifiées. »
Le tribunal a réclamé 204 euros pour le préjudice matériel et 1 000 euros pour le préjudice moral. « C'est une première bataille gagnée mais la guerre continue au civil pour faire reconnaître le préjudice corporel », a conclu Me Agba.