Taylor Momsen, mordue par une chauve-souris, peut-elle contracter la rage ?

Taylor Momsen mordue par une chauve-souris en plein concert : Au fait, comment attrape-t-on la rage ?

VirusLa chanteuse du groupe The Pretty Reckless a été mordue par une chauve-souris en plein concert à Séville, et a dû recevoir un traitement préventif contre la rage
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

Elle se souviendra toute sa vie de ce concert ! En représentation le 29 mai à Séville en Espagne, où elle faisait la première partie d’AC/DC avec son groupe The Pretty Reckless, la chanteuse Taylor Momsen a été mordue à la jambe par une chauve-souris. Une scène insolite et un peu flippante filmée par des spectateurs, et relayée sur les réseaux sociaux par la jeune femme, connue aussi pour son rôle de Jenny Humphrey dans la série Gossip Girl.

Conduite à l’hôpital après son concert, la jeune femme s’est vue prescrire un traitement préventif contre la rage. Mais au fait, comment contracte-t-on cette maladie ? Quels animaux en sont vecteurs ? Quels sont les symptômes de la rage ? Existe-t-elle encore en France et est-elle une maladie grave ? 20 Minutes vous explique.

« Il y a une putain de chauve-souris accrochée à ma jambe »

Concentrée sur sa prestation, Taylor Momsen n’a pas remarqué tout de suite l’intrus qui s’était accroché à sa jambe, malgré les signes que lui faisaient les spectateurs, qui essayaient de l’avertir. Ce n’est qu’après un moment que la jeune femme a vu la bête. « Il y a une putain de chauve-souris accrochée à ma jambe, quelqu’un peut m’aider s’il vous plaît ? », demande la chanteuse au micro, qui arrive relativement bien à garder son calme.

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Alors que son guitariste lui dit : « ne bouge pas », pour ne pas affoler la chauve-souris, un membre de l’équipe technique tente de déloger l’animal planté sur la cuisse de la chanteuse en tirant sur sa robe, avant que le photographe du concert, présent sur scène, ne réussisse à faire partir la bête avec une feuille de papier. Dans une autre vidéo filmée depuis l’arrière de la scène, on peut voir le petit mammifère s’envoler. « La chauve-souris va bien », rassure Taylor Momsen, libérée de l’animal.

Toujours sur la vidéo postée sur ses réseaux, on peut ensuite voir la chanteuse à l’hôpital, montrant sa morsure à l’image, avant de recevoir un traitement préventif contre la rage. « Oui, la chauve-souris m’a mordue, donc piqûres antirabiques pendant deux semaines », écrit la jeune femme en commentaire de son post sur Instagram. Une histoire jugée peu banale par les soignants, qui lui ont trouvé un surnom très approprié, comme elle le raconte en légende de son post : « Merci à l’équipe de l’hôpital qui m’a surnommée #batgirl après avoir vu l’histoire aux infos ».

La rage, une zoonose dangereuse

Pourquoi un traitement préventif de deux semaines ? Parce que la rage est une zoonose – une maladie infectieuse transmise de l’animal à l’homme – qui peut être dangereuse. Et que « la rage est toujours responsable aujourd’hui de dizaines de milliers de décès humains chaque année, rappelle l’Institut Pasteur. Le virus de la rage (du genre Lyssavirus) est présent dans la salive des animaux infectés : chiens, chats ou encore mammifères sauvages ».

Si « le poids de la maladie est supporté essentiellement par l’Afrique et l’Asie où le chien est le principal vecteur de transmission à l’homme », complète l’Institut Pasteur, la maladie est également présente « en Europe, où les chauves-souris peuvent être infectées par certains lyssavirus, différents de celui du chien ».

En pratique, « le virus est transmis à l’homme par la salive d’un animal atteint de rage : soit lors d’une morsure, soit lors d’une griffure ou d’un léchage sur une blessure, une lésion cutanée récente ou une muqueuse, indique le ministère de la Santé. Le virus ne traverse pas la peau saine. Il est important de savoir que la salive de l’animal atteint contient du virus rabique une semaine avant l’apparition des signes de la maladie », souligne le ministère.

Une maladie mortelle

En cas de contamination, « la durée d’incubation de la rage est habituellement de 2 à 3 mois, mais peut s’étendre de moins d’une semaine à 1 an, en fonction de facteurs tels que le site de pénétration du virus et la charge virale, décrit l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les symptômes initiaux comportent des signes communs comme de la fièvre accompagnée de douleurs ou de fourmillements, démangeaisons ou sensations de brûlure inexpliqués à l’endroit de la blessure ». Ensuite, « la propagation du virus dans le système nerveux central entraîne une inflammation progressive et mortelle de l’encéphale et de la moelle épinière ».

Les personnes infectées peuvent alors développer l’une des deux formes de la rage : « la forme "furieuse", avec une hyperactivité du malade, une excitabilité, des hallucinations, un manque de coordination, une hydrophobie (peur de l’eau) et une aérophobie (peur des courants d’air ou de l’air frais), détaille l’OMS. Le décès survient en quelques jours par arrêt cardiorespiratoire ».

La forme paralytique, elle, « concerne environ 20 % des cas humains, ajoute l’OMS. L’évolution est alors moins spectaculaire et en général plus longue que pour la rage furieuse. Les muscles se paralysent progressivement, à partir de l’endroit de la blessure. Le coma s’installe lentement et le patient finit par mourir ». Une forme plus difficile à diagnostiquer.

Des vaccins pour se protéger de cette maladie mortelle

Dès lors, « toute exposition à risque avec ces animaux doit conduire à une consultation antirabique », insiste l’Institut Pasteur. Taylor Momsen a donc suivi le protocole indiqué en cas de morsure par une chauve-souris. « Après une exposition potentielle à un animal enragé, les personnes peuvent demander à bénéficier d’une prophylaxie post-exposition (PPE), détaille l’OMS, qui consiste à nettoyer immédiatement et soigneusement les plaies à l’eau et au savon pendant quinze minutes, à recevoir une série de vaccins contre la rage et, selon l’indication, à administrer des immunoglobulines antirabiques ou des anticorps monoclonaux, qui peuvent sauver des vies ».

Et s’il y a urgence à recevoir les soins adaptés en cas de contact avec un animal infecté, c’est parce que « la rage est mortelle dans 100 % des cas et le décès survient en quelques jours après le début des signes cliniques », rappelle le ministère de la Santé.

Et en France, peut-on contracter la rage ? Dans l’Hexagone, la rage ne sévit officiellement plus depuis 2001. « Les très rares cas signalés chez l’homme en France concernent des personnes qui ont été mordues à l’étranger, en zone où le virus circule, rapporte le ministère. Toutefois, en 2019, un patient vivant en zone rurale en France métropolitaine et n’ayant pas voyagé dans une zone à risque de rage, est décédé au décours d’une encéphalite attribuée à un lyssavirus de type European Bat Lyssavirus 1 (EBLV-1). Le patient était régulièrement exposé à des chauves-souris à son domicile et l’origine la plus probable de sa contamination est une transmission du virus par une chauve-souris lors d’un contact passé inaperçu ou que le patient n’a pas mentionné à son entourage ou un médecin. Il s’agit du quatrième cas confirmé au monde d’infection humaine par un EBLV, et le premier cas de rage autochtone en France métropolitaine depuis 1924 ».