Trous noirs de l’histoire en fiction sur Canal+

Trous noirs de l’histoire en fiction sur Canal+

Apporter un éclairage inédit sur des pages sombres de l’histoire française récente : avec Nuit noire, Canal+ poursuit sa nouvelle politique éditoriale incisive en matière de fiction. Après la période de la collaboration, traitée en décembre dans 93, rue L
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Apporter un éclairage inédit sur des pages sombres de l’histoire française récente : avec Nuit noire, Canal+ poursuit sa nouvelle politique éditoriale incisive en matière de fiction. Après la période de la collaboration, traitée en décembre dans 93, rue Lauriston, c’est un épisode occulté de la guerre d’Algérie, ou plutôt de son impact en métropole, qui sera bientôt mis en lumière. Un projet ambitieux qui a bénéficié de moyens considérables : le budget s’élève à 4,2 millions d’euros, dont 2,4 millions apportés par Canal+ et 1,2 million par France 3, qui le rediffusera dix-huit mois après Canal+. Si aucune date de diffusion n’est encore fixée, le tournage est déjà terminé et le scénario vient d’être primé au Fipa. La Nuit noire, c’est celle du 17 octobre 1961, date de la répression dans le sang d’une manifestation d’Algériens à Paris. Son nombre de victimes, entre 50 et 150, est toujours inconnu. Il aura donc fallu près de quarante-cinq ans pour que l’événement, qui n’avait pas alors été couvert par le JT, sorte de l’oubli cathodique. Une exhumation due à la société de production Cipango. « Quand, il y a un an et demi, Canal+ nous a contactés pour nous exposer sa nouvelle politique de fiction, le 17 octobre 1961 s’est imposé à nous comme une évidence. C’est l’exemple typique d’un événement historique marquant passé sous silence », confie le producteur Thomas Anargyros. Pour s’attaquer à ce sujet, il fallait un expert : l’écriture du scénario à été confiée à Patrick Rotman, auteur de nombreux ouvrages (Les Porteurs de valise) et films (La Guerre sans nom). « Ce film n’est pas un tract. Il fallait absolument éviter le manichéisme, avec d’un côté les salauds de flics et de l’autre les vaillants militants du FLN. La vérité est bien plus complexe que cela, prévient-il. La télé, ça doit servir à explorer, avec le plus de justesse possible, les trous noirs de l’histoire. » Au-delà de la reconstitution historique, cette fiction entend « faire revivre les tensions exacerbées de l’époque en évoquant les destins croisés de plusieurs personnages : flic, ouvrier, combattant du FLN, journaliste... ». Avec l’espoir d’un débat. E. Bosc