Strasbourg: Les résultats de l'enquête sur la politique vélo de l'Eurométropole dévoilés
INFO 20MINUTES•Fin 2015, l’Eurométropole de Strasbourg recueillait l’avis des habitants de l'agglomération pour mieux orienter sa politique cyclable. En voici les premiers résultats en exclusivité...
Alexia Ighirri
Des premiers enseignements. Fin 2015, l’Eurométropole de Strasbourg lançait une enquête auprès des habitants de l’agglomération pour mieux orienter sa politique cyclable, à laquelle 4.361 internautes ont répondu (en plus d’une enquête par téléphone auprès d’un panel représentatif de 600 personnes). « C’est une base de travail. Il ne s’agit pas de recevoir des félicitations pour notre politique vélo », indique Jean-Baptiste Gernet, conseiller eurométropolitain en charge de cette thématique qui précise qu’une démarche est en cours auprès des associations et des professionnels du secteur pour dégager des priorités dans les prochaines semaines.
Les premiers résultats – bruts et qui demandent encore à être interprétés par la collectivité — sont désormais connus. 20 Minutes vous présente ces premières données en exclusivité.
Le nombre de pratiquants se stabilise mais… Sont considérés comme pratiquants, ceux qui font du vélo au moins une fois par mois : ils sont 51 %. Un chiffre stable depuis 2009, à la grande surprise de la collectivité qui a néanmoins été rassurée par une autre donnée : 32 % font du vélo plusieurs fois par semaine. Un chiffre en hausse, puisqu’il a été noté que les pratiquants pédalent de plus en plus souvent aujourd’hui.
Des non-cyclistes difficiles à atteindre. La question est de savoir « si on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein », dixit Jean-Baptiste Gernet, se référant aux 49 % de personnes qui déclarent ne jamais faire de vélo. Une part très stable, « comme si on n’arrivait pas à toucher ces personnes », soulignent les services de l’Eurométropole, qui y voient un enjeu social, culturel. « Ce qu’on peut faire pour promouvoir le vélo semble convaincre ceux qui en font déjà. C’est surtout ça qui interpelle, analyse le conseiller eurométropolitain. Si on dit qu’on veut doubler la part modale du vélo, il serait facile de motiver ceux qui en font déjà. J’aurais plutôt tendance à chercher ceux qui n’en font pas. »
Profil du cycliste. Les pratiquants sont davantage des hommes que des femmes, principalement issus de la classe moyenne. La pratique du vélo diminue auprès des personnes ayant passé les 60 ans.
Pourquoi fait-on (ou non) du vélo. Selon l’enquête, ceux qui font du vélo vantent l’aspect pratique, fiable et rapide de ce mode de déplacement, ainsi que l’approche économique. L’argument écologique arrive bien plus tard. Du côté des freins, la liste des réponses était ouverte. Du coup, si la plupart ne fait pas de vélo… c’est parce qu’elle n’en a pas ! Les problèmes de santé (lié à la vieillesse) et la peur de l’accident sont aussi souvent cités.
Points à améliorer. Si l’indice de satisfaction attribué par les personnes interrogées à l’Eurométropole est bon (7,5 sur 10), il reste des pistes d’amélioration. Parmi elles : des aménagements qui ne sont plus adaptés au flux, la traversée sécurisée de carrefours, la cohabitation avec les autres usagers et le stationnement. Un domaine sur lequel « on a plutôt mis le paquet pour l’instant, avec les ranges vélos qui seront installés cet été ou les espaces réservés dans les parkings en ouvrage », souligne l’élu.