Pourquoi les trails blancs sont-ils « des courses magiques » ?

Trail : « Il faut être un peu fêlé pour se lancer »… Pourquoi les courses sur la neige sont-elles « magiques » ?

COURSE A PIEDDe nombreux trails sont organisés en plein hiver dans des zones montagneuses en France. « 20 Minutes » vous présente ces courses atypiques pouvant atteindre les 30 km
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Le Trail Blanc du Semnoz se déroulera samedi soir près d'Annecy, en Haute-Savoie.
  • A l’image de cette course ayant lieu dans une ambiance festive, les trails sur la neige sont appréciés durant tout l’hiver par les amateurs d’évasion.
  • 20 Minutes vous explique en quoi courir jusqu’à 30 km sur la neige, le plus souvent de nuit, est une expérience aussi « magique » que douloureuse.

Le spectacle d’une guirlande humaine n’est pas réservé qu’à la mythique SaintéLyon. Une longue file de lampes frontales va ainsi s’attaquer à un parcours enneigé, à partir de 17h30 samedi, au niveau de la station du Semnoz, près d’Annecy (Haute-Savoie). Celle-ci permettra à un peloton de 850 coureurs de découvrir le coucher du soleil en parcourant un trail blanc avec une superbe vue panoramique sur le Mont-Blanc et les massifs alpins. Trois mois avant la 13e édition de l’épreuve, les inscriptions affichaient déjà complet, ce qui en dit long sur l’engouement populaire pour ce format de course si particulier.

Avant de partager vin chaud et soupe savoyarde dans une ambiance festive, ces trailers adeptes du grand froid vont atteindre 1.700 m d’altitude et traverser 11,5 km de chemins enneigés (460 m de dénivelé positif). « C’est dur de préparer au mieux de telles courses car tu ne sais pas vraiment à quel type de neige tu vas avoir affaire, explique Thibaut Baronian, coureur du Team Salomon ayant remporté à plusieurs reprises des trails hivernaux en Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence) et à Mouthe (Doubs). La plupart des meilleurs trailers privilégient le ski à ces courses pour préparer leur saison. »

Depuis 13 ans, le Trail Blanc du Semnoz est une course semi-nocturne qui se déroule sur le plateau du Semnoz (Haute-Savoie).
Depuis 13 ans, le Trail Blanc du Semnoz est une course semi-nocturne qui se déroule sur le plateau du Semnoz (Haute-Savoie). - ASPTT Annecy section Athlétisme

« On sent qu’on s’use plus rapidement »

Adepte de ces trails blancs « nécessitant parfois des chaînettes afin que les pieds accrochent un peu plus sur les parties verglacées », Thibaut Baronian apprécie notamment la dimension physique de ces épreuves. « Musculairement, ça ne brasse quand même pas pareil que sur terre, confie-t-il. On sent qu’on s’use plus rapidement et il est sympa de travailler comme rarement la proprioception dans ce contexte. »

Pour autant, « ces courses sont beaucoup moins dangereuses que les trails d’été », estime Pascal Charrat. Depuis le lancement en 2009 du Trail des Lucioles qu’il organise à Riotord (Haute-Loire), il ne se souvient que d’une blessure grave parmi les coureurs, une fracture de la cheville. En revanche, les conditions sont régulièrement dantesques, avec une pointe à -18 degrés lors de ce trail semi-nocturne, dont la 12e édition aura lieu le 1er février (8, 15 et 30 km). « Il faut être un peu fêlé pour se lancer, s’amuse l’organisateur. Mais c’est avant tout une course atypique, durant laquelle on ne traverse pratiquement pas la moindre route. »

Le très dépaysant site de Riotord (Haute-Loire) va accueillir le Trail des Lucioles le 1er février.
Le très dépaysant site de Riotord (Haute-Loire) va accueillir le Trail des Lucioles le 1er février. - Laurent PEYRE

« Le dépassement de soi est forcément là »

Une évasion blanche que propose également Jonathan Rouquairol avec le sixième Winter Trail (700 participants), les 1 et 2 février à Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère). Celui-ci est conscient que le facteur neige est déterminant pour une édition réussie : « La présence de la neige apporte toujours une ambiance magique. Et puis le dépassement de soi est forcément là tant c’est éprouvant de solliciter des muscles d’habitude inactifs, comme sur le sable, et d’avoir les appuis fuyants ».

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Outre trois formats de 8, 15 et 26 km (avec 1.440 m de D +) le dimanche, le Winter Trail propose la veille la redoutable épreuve du kilomètre vertical (900 m de D +). A course spéciale, stratégie spéciale. Thibaut Baronian glisse ainsi un tuyau : « Je me souviens avoir été seul en tête pendant un long moment lors d’un trail blanc. Mais comme je m’épuisais à faire les traces et que le second profitait de celles-ci, il a fait fondre mes cinq minutes d’avance en un rien de temps, c’était vraiment frustrant ». Vous voilà prévenus avant votre première quête de sacre au cœur de la poudreuse.