Cagoules, pleurs d'enfants... Les fins de match confuses des FC Nantes-TFC

FC Nantes-TFC: «Les gens sur la pelouse, ça, c’est pas bien du tout»... 2007 et 2016, quand les fins de match ont été confuses

FOOTBALLDans l’histoire des confrontations entre Nantes et Toulouse (qui s’affrontent samedi à la Beaujoire), deux rencontres se sont terminées dans la confusion la plus totale…
David Phelippeau

David Phelippeau

L'essentiel

  • Le FC Nantes accueille Toulouse, samedi à la Beaujoire.
  • Dans l’histoire des confrontations entre ces deux clubs, deux rencontres ont été émaillées d’incidents.

Nantes-Toulouse, la rencontre n’a rien d’une affiche, mais pourtant, au moins à deux reprises dans l’histoire de cette confrontation en L1, elle a fait la Une des journaux. En 2007, sous l’ère Dassault, et en 2016, sous la présidence Kita. Les deux fois, au cœur de la soirée, des supporters nantais (ou pseudo selon certains observateurs) ont manifesté leur colère vis-à-vis de la direction en place. 20 Minutes a retrouvé des témoins des deux époques. Les souvenirs sont souvent intacts. Récits.

FCN-Toulouse (0-0), le 19 mai 2007, plusieurs dizaines de fans envahissent la pelouse

Cela fait 10 jours que le couperet est tombé. Malgré une victoire (0-1) à Bordeaux, le FC Nantes est fixé sur son avenir depuis le 5 mai. Après 44 ans dans l’élite, l’octuple champion de France est relégué en L2. Ce 19 mai 2007, « déjà avant le match il y avait de l’électricité dans l’air, il y avait eu une manifestation de supporters contre la direction aux abords du stade, se souvient Théo, qui avait 18 ans à l’époque. J’étais avec un ami en Présidentiel bas. Pendant le match, on entendait les chants anti-Dassault [actionnaire majoritaire du club] depuis la Loire. Et vers la 80e minute, on entendait “On va sur la pelouse, on va on va, on va sur la pelouse !”».

87e minute, 0-0, coup franc pour Toulouse. « Ah beh, les gens qui pénètrent sur la pelouse, ça, c’est pas bien du tout », s’écrie en direct Patrice Rio, consultant pour Foot +. «L’arrivée des supporters de la tribune Loire sur la pelouse m’a marqué, raconte Nicolas Savinaud, joueur du FCN à cette époque-là, qui jouait son ultime match en Jaune et Vert. Je ne me suis pas du tout senti en danger. Les fans, crispés par Dassault, voulaient faire passer un message. Ce n’était peut-être pas la bonne manière. »

Les joueurs étaient alors allés se positionner dans le tunnel. Julien, supporter présent ce soir-là : « Il n’y avait eu aucune violence. Les CRS étaient intervenus pour faire revenir tout le monde à sa place sans heurts. » Yannick Bigaud le speaker se rappelle juste avoir « demandé aux gens de faire preuve de sportivité et de regagner les tribunes ». Julien n’a pas oublié l’après-match : « Il y avait surtout eu des heurts et dégradations en dehors du stade. Feux de poubelle, caillassages, arrachages des grilles… » Le match n’avait finalement jamais repris. Toulouse l’avait emporté 3-0 sur tapis vert et s’était qualifié pour la Ligue des champions. Dassault lui avait fini « par rendre les armes » – comme souhaité par certains fans du FCN – quelques semaines plus tard.

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FCN-Toulouse (1-1), le 5 novembre 2016, des fans tentent d’ en découdre avec Kita

Dire que ce soir-là, les Canaris n’étaient même pas relégables. Le 5 novembre 2016, les hommes de René Girard sont installés à une préoccupante 16e place. Contre Toulouse, ils concèdent l’ouverture du score sur un penalty de Braithwaite (36e). Le FCN bafouille son foot. Puis, à une dizaine de minutes de la fin, les yeux des quelque 21.000 spectateurs passent de la pelouse aux tribunes. « Les chants contre la direction se faisaient de plus en plus entendre, se remémore Julien, supporter. Et là, on voit un groupe de mecs cagoulés qui passe en bas de tribune Loire et qui file derrière la présidentielle. On les voit ressortir non loin des Kita au cœur de la tribune présidentielle. »

Un fan, âgé de 26 ans maintenant, fait partie de cette grosse centaine de contestataires. Son témoignage montre à quel point certains étaient à cran. Il décrit un comportement intolérable et forcément condamnable. « J’ai suivi le mouvement jusque dans les escaliers en présidentielle car j’avais moi aussi la conviction que c’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. Je suis arrivé à un point de non-retour avec le président Kita ce jour-là. Ensuite, j’ai encore suivi le mouvement en voulant aller en découdre avec les Toulousains. »

Karl, en Océane, se souvient « des gens cagoulés passant de tribune en tribune, en face, de l’incompréhension chez les adultes et des pleurs chez les enfants ». Des images traumatisantes pour de nombreux spectateurs. Pendant ce temps-là, Nantes égalise par Stepinski (90e +1). « Mes joueurs étaient en train de regarder ce qui se passait dans les tribunes », avait pesté le coach du Téfécé Pascal Dupraz à l’issue de la rencontre. Beaucoup d'« assaillants » sont bloqués par la fermeture d’une grille et ne peuvent progresser fort heureusement vers le président Kita. « Un de mes collègues s’était même retrouvé du mauvais côté de la grille, se rappelle un policier. Comme il était en civil, il avait mis sa capuche et s’était fondu dans la masse… »

C'est la consternation en tribune présidentielle.
C'est la consternation en tribune présidentielle. - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Adrien Thomasson, milieu de terrain des Canaris à l’époque, avait appris les événements qu’en rentrant dans le vestiaire. « Je me souviens toutefois que j’avais été surpris sur notre égalisation par le peu d’enthousiasme du public, comme si les gens avaient la tête ailleurs. » Certains fautifs (pas tous) avaient été sanctionnés d’une interdiction administrative de stade. Ces incidents restent toujours tabous pour certains supporters influents de la tribune Loire.