Les Bleus à la conquête du Monde

Les Bleus à la conquête du Monde

Handisport – Les championnats du monde d’athlétisme se dérouleront du 19 au 28 juillet à Lyon. L’équipe de France qui avait glané 13 médailles lors des jeux paralympiques de Londres, a posé ses valises entre Rhône et Saône ce lundi midi…
Caroline Girardon

Caroline Girardon



Sur les quais de la gare de la Part-Dieu, un petit comité s’est massé pour leur souhaiter la bienvenue. Loin des flashs et des caméras, les sportifs de l’équipe de France d’athlétisme handisport sont arrivés ce lundi, tout sourire à Lyon où les championnats du monde se dérouleront du 19 au 28 juillet. Revigorée par les 13 médailles décrochées aux jeux paralympiques de Londres, la délégation tricolore espère égaler sa performance. Mais les Bleus ne se voilent pas la face pour autant.

Faire aussi bien qu’à Londres

«Bien sûr qu’on espère faire aussi bien qu’à Londres, lâche Vincent Ferring, kiné. Mais Assia (El Hannouni) a pris sa retraite. Pour nous c’est un gros manque de médailles à gagner.» Reine incontestée des pistes, la Dijonnaise a trusté durant des années les premières places des podiums dans la catégorie des malvoyants, ne laissant que des miettes à ses adversaires. Ses huit titres olympiques (dont quatre décrochés à Athènes en 2004 sur les 100m, 200m, 400m et 800m) en ont fait une légende… difficile à remplacer. «On a dans le groupe 5 ou 6 athlètes qui peuvent y arriver, poursuit Vincent Ferring. Même si la concurrence est rude et qu’ils n’écrasent pas chaque compétition, ils ont de très bonnes chances de s’imposer.»

Le Fur en leader

En l’absence d’Assia El Hannouni, l’équipe de France mise beaucoup sur sa capitaine Marie-Amélie Le Fur. La jeune femme qui a décroché trois médailles à Londres dont l’or sur 100m dans la catégorie T44 (amputés au niveau des membres inférieurs) sait que les regards seront braqués sur elle. « Je vais faire de mon mieux et je souhaite aller chercher l’or sur 100m, déclare-t-elle. Après, le staff ne met pas la pression. Je pourrais vous dire que je vise trois médailles d’or. Mais nous sommes dans une année post jeux olympiques ; il faut savoir relativiser et se fixer des objectifs réalistes.»

La jeune garde en marche

«On a aussi l’équipe des noms en i sur laquelle on compte beaucoup», sourit Vincent Ferring. A commencer par Mandy François-Elie. La Martiniquaise qui ne court jamais sans une fleur dans les cheveux, en hommage à son île, fait elle aussi figure de favorite. Agée de 24 ans, la jeune femme victime d’un accident cérébral vasculaire en 2008 est sortie de l’anonymat en août dernier lorsqu’elle a raflé le titre olympique sur 100m dans la catégorie T37. Arrachant sa qualification pour les JO seulement trois mois avant les épreuves, elle fait aujourd’hui partie des figures de proue de l’équipe de France. Tout comme Arnaud Assoumani, double médaillé d’argent à Londres (saut en longueur et triple saut), Tony Falevakaki, médaille d’argent au javelot ou Julien Casoli (Bronze sur 5000m).

«Le but de la compétition, c’est aussi d’accompagner les jeunes qui honorent leur première sélection, explique Marie-Amélie Le Fur. Une nouvelle génération arrive, on se doit d’être présents pour eux.» Sur les 34 athlètes sélectionnés pour les championnats du monde, un tiers n’a encore jamais participé à de grands rendez-vous internationaux.

Des championnats sans Pistorius

100 nations et 1236 athlètes participeront aux championnats du monde. Le Sud Africain Oscar Pistorius, accusé du meurtre de sa compagne, qui avait obtenu l’autorisation de voyager, ne fera pas le déplacement. Il a décidé de ne participer à aucune compétition jusqu’à la fin de l’année.