« S’avérer vrai » est-il correct ?
Français•« Il s’avère vrai que ceci ou cela », « cela s’est avéré vrai »… Autant de phrases courantes, autant de coquilles. On vous explique pourquoi
Frédéric Henry pour 20 Minutes
L'essentiel
- «S’avérer » signifie « se révéler ».
- Ce verbe, dérivé du latin, contient toutefois déjà le mot « vrai » en lui.
- « S’avérer vrai » est donc considéré comme un pléonasme.
«Le chemin s’est avéré plus difficile qu’il n’y paraissait », « Ton ami s’avère être un traître », si ces phrases sont correctes, c’est parce que « s’avérer » est synonyme de « se révéler » : on croyait une chose, puis on en découvre une autre. Quoi de plus logique, dès lors, qu’une chose qui s’avère vraie. On la croyait fausse, et puis… Pas si vite, il y a un problème.
Des origines de « s’avérer »
Pour comprendre « s’avérer », il faut se tourner vers nos racines latines. Dans la langue de Cicéron, « adverare » contient le mot « verus », c’est-à-dire… « vrai ». Certes, son sens a évolué : il y a encore quelques siècles, « avérer » était synonyme d’« accomplir ». Au fil des générations, il a fini par signifier « révéler », donc mettre à jour une vérité. Plus récemment, l’adjectif « avéré » est venu concurrencer l’adjectif « vrai ». Il est donc avéré que le verbe « s’avérer » contient en lui… la vérité.
NOTRE DOSSIER LANGUE FRANÇAISEDu pléonasme au contresens
Même si, dans son usage moderne, « s’avérer » pourrait… s’avérer compatible avec les adjectifs « vrai » et « faux », cela pose un petit problème aux grammairiens et aux linguistes. En effet, dire que quelque chose s’avère vrai est une forme de pléonasme. À cette formule, on préférera « se révéler vrai ». Inversement, affirmer que quelque chose « s’avère faux » a un arrière-goût de contresens, car c’est insinuer que la vérité d’une chose est… sa fausseté. Là encore, on privilégiera le verbe « se révéler ». Et voilà : la vérité sur « s’avérer » vous a maintenant été révélée…
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