Rennes : L’adoption du bébé retrouvé dans une poubelle reste possible
Avenir•La mère de Noah Briac Alban a décidé de reconnaître son enfant, qui ne sera donc pas considéré comme né sous X
Camille Allain
L'essentiel
- La mère du petit Noah Briac Alban a reconnu son enfant, deux mois après l’avoir laissé dans une poubelle de Rennes.
- Mise en examen pour tentative de meurtre, la jeune femme âgée de 17 ans a ressenti « intimement le besoin de reconnaître son enfant ».
- Contrairement à ce que nous avions avancé, son bébé pourra toujours faire l’objet d’une adoption, mais dans certaines conditions.
Il est actuellement pris en charge au sein de la pouponnière du centre de l’enfance, à Chantepie, où il reste sous la protection du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine. Retrouvé dans une poubelle enterrée le 20 octobre à Rennes, le petit Noah Briac Alban se porte bien. Sauvé par les secours, l’enfant a été reconnu par sa mère le 21 décembre. La jeune femme âgée de 17 ans, mise en examen pour tentative de meurtre, a eu « intimement le besoin de reconnaître son enfant », a fait savoir Me Aminaa Saadaoui. En réaction à l’article paru sur 20 Minutes, l’avocate de la jeune femme a fait savoir que cette reconnaissance n’empêchait pas « juridiquement » l’enfant d’être adopté, ce que nous pouvons confirmer. L’article publié lundi sur notre site a par ailleurs été modifié.
Reconnu comme pupille provisoire depuis sa naissance, l’enfant aujourd’hui âgé de près de 3 mois a perdu son statut depuis que sa maman l’a reconnu. Incarcérée depuis la fin du mois d’octobre après avoir reconnu avoir jeté son enfant, sa mère n’a pas cependant demandé à en avoir la garde. Lors d’une audience qui s’est déroulée le 9 janvier, le juge pour enfants a confié Noah Briac Alban à l’Aide sociale à l’enfance dans le cadre d’une ordonnance de placement provisoire (OPP). Un travailleur social a été nommé référent. Pris en charge au sein de la pouponnière du centre social de l’enfance de Chantepie, Noah Briac Alban pourra soit y rester, soit être accueilli chez des assistants familiaux.
Comme avancé par l’avocate, il est vrai d’affirmer qu’il pourra potentiellement être adopté. En France, un enfant peut être adopté si ses parents ont « valablement consenti » à cette option, selon l’article 344 du Code civil. « Seuls le temps et l’intérêt supérieur de son fils guideront les décisions de ma cliente sur ce point », a fait savoir l’avocate de la jeune femme originaire de Mayotte. Dans certains cas, les parents peuvent également se voir retirer leur autorité parentale, rendant possible l’adoption. Enfin, on peut également adopter des enfants ayant fait l’objet d’une déclaration judiciaire de délaissement parental. On parle d’enfant « délaissé » lorsque ses parents « n’ont pas entretenu avec lui les relations nécessaires à son éducation ou à son développement pendant l’année qui précède l’introduction de la requête », peut-on lire dans l’article 381-1 du Code civil.
Peu importe la décision qui sera prise concernant l’avenir du bébé miraculé, elle devra l’être « dans le seul intérêt de l’enfant », précise la loi française.
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