La justice sauvera-t-elle le lycée musulman Averroès ?

Lille : Le lycée musulman Averroès sera-t-il sauvé par la justice ?

EnseignementParents d’élèves, enseignants et gestionnaires du lycée privé musulman Averroès ont attaqué devant le tribunal administratif de Lille la décision du préfet de rompre le contrat qui lie l’établissement à l’Education nationale
Mikaël Libert

M.L. avec AFP

L’association gérant le lycée, les personnels de l’établissement, et l’association des parents d’élèves ont chacun déposé un recours devant le tribunal administratif de Lille contre la décision du préfet des Hauts-de-France de cesser de subventionner le lycée musulman Averroès. Cette décision doit entrer en vigueur dès la rentrée 2024, soit 20 ans après la création de l’établissement, le plus important de France.

Outre leurs trois recours, les demandeurs ont aussi déposé un référé-suspension demandant au tribunal de suspendre la décision du 7 décembre, sans attendre le jugement sur le fond.

Tribunal administratif et défenseur des droits saisis

Dans le recours de l’association du lycée, que l’AFP a pu consulter, les avocats arguent que les nombreux reproches faits à l’établissement « ne sont, dans leur très grande majorité, pas matériellement établis ». Pointé du doigt par le préfet, le cours d’éthique musulmane « en lui-même est parfaitement conforme aux valeurs de la République, de même que tous les autres enseignements du groupe scolaire », ont assuré les plaignants. Ils ont ajouté que l’Éducation nationale avait mené plusieurs inspections, sans trouver matière à remettre en cause le contrat d’association.

Les parties estiment aussi que la décision du préfet porte « une atteinte disproportionnée à la liberté d’enseignement exercée par le lycée Averroès ». Pour cette raison, elles ont indiqué avoir également saisi le Défenseur des droits.

Le groupe scolaire Averroès, qui compte dans son ensemble 800 élèves, connaît déjà des difficultés financières en raison d’un bras de fer avec la Région Hauts-de-France qui refuse depuis plusieurs années de lui verser les subventions prévues dans le cadre du contrat d’association avec l’État. La résiliation du contrat avec l’Education nationale et l’arrêt du versement des subventions en découlant, notamment le versement des salaires des enseignants, pourrait ainsi signifier la fermeture de l’établissement.