BIG BROTHERA Marseille, des caméras de surveillance « ciblées » aux abords des écoles

Marseille : Mairie et préfecture de police s’accordent pour déployer des caméras de façon ciblée

BIG BROTHERPlus de cinquante-cinq caméras pour veiller à « la sécurité autour des écoles et [à] la sécurité environnementale » vont être déployées à Marseille
20 Minutes avec AFP

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L'essentiel

  • Plus de cinquante-cinq caméras pour veiller à « la sécurité autour des écoles et (à) la sécurité environnementale » vont être déployées.
  • 80 % du coût est pris en charge par l’Etat.
  • Ce déploiement vise à combler « les zones blanches », nombreuses notamment dans les quartiers populaires.

L’installation de plus de cinquante caméras de vidéosurveillance dans les quartiers défavorisés de Marseille, pour répondre à « des besoins spécifiques » de sécurité « environnementale » et de sécurité autour d’écoles, a été annoncée mercredi par la ville et la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

« Il existe dans cette ville des zones blanches, notamment dans les quartiers populaires et près des écoles », où vont être déployées 55 caméras pour veiller à « la sécurité autour des écoles et [à] la sécurité environnementale », a affirmé le maire de Marseille, Benoît Payan, lors d’une visite du centre de supervision urbaine (CSU) de la police municipale, où sont analysées les images filmées 24 heures sur 24.

Les caméras de vidéosurveillance doivent être installées « essentiellement dans les quartiers Nord, parce que c’est là qu’il y a des besoins », a expliqué la préfète de police, Frédérique Camilleri, en précisant que la répartition se fera à moitié le long des grands axes de circulation et à moitié devant les écoles et les crèches.

Les frais pris en charge à 80 % par l’Etat

L’implantation doit répondre à « des besoins spécifiques et des sujets précis », a souligné le maire, en expliquant que les images sont à la fois utilisées par les services municipaux, notamment dans la lutte contre les dépôts sauvages de déchets sur la voie publique, et par les services de police pour leurs enquêtes.



Les frais des installations seront couverts à 80 % par l’Etat, soit 1,7 million d’euros, dans le cadre du plan « Marseille en grand » lancé par le président Emmanuel Macron en septembre 2021 pour rattraper les retards pris par la deuxième ville de France dans de multiples domaines. Quelque 1.500 caméras de vidéosurveillance sont déjà déployées à Marseille, pour beaucoup sous l’ancienne mandature de la majorité de droite de Jean-Claude Gaudin, battue aux municipales en 2020. Leur entretien coûte chaque année à la mairie près de 6 millions d’euros.

Accès « autonome » de la police nationale aux caméras municipales

Près d’un tiers d’entre elles ne sont pas utiles, a dénoncé mercredi Yannick Ohanessian, adjoint à la sécurité et à la police municipale, regrettant qu'« elles aient été implantées de façon "déraisonnée", selon une logique "clientélaire" ». L’ensemble des services de la police nationale à Marseille aura désormais un accès « autonome » à ces images, a précisé la Préfète de police, rappelant qu’en moyenne 350 demandes sont formulées par mois par ces services auprès du CSU dans le cadre de leurs enquêtes.

Ces accès permettront de décharger les fonctionnaires de police municipale, dont plus des deux tiers du temps au CSU était consacré au traitement des enquêtes de la police nationale, a précisé Yannick Ohanessian. En présentant son plan « Marseille en grand », Emmanuel Macron avait annoncé le financement de 500 caméras de videosurveillance, sans donner d’échéance.