Parcoursup : Plus de 91.000 candidats sans proposition de places pour la rentrée
ETUDES SUPERIEURES•Près de 90 % des élèves et étudiants ont trouvé une affectation contre environ 80 % l’année dernière à cette même périodeM.F avec AFP
L’attente est longue pour les derniers candidats. Alors que la phase principale de Parcoursup s’achève à minuit ce vendredi, plus de 91.178 jeunes sur un total de 841.518 n’avaient toujours pas reçu d’affectation dans l’enseignement supérieur pour la rentrée jeudi soir. Parmi eux, 45.683 lycéens, 33.770 candidats en demande de réorientation et 11.725 scolarisés à l’étranger.
Dans un communiqué commun, le ministère de l’Enseignement supérieur et le ministère de l’Education nationale se sont cependant félicité qu'« à ce jour, 568.000 bacheliers ont reçu au moins une proposition d’admission, soit 89,5 % d’entre eux. Ce taux est supérieur de plus de 1,3 point à celui de l’année dernière ».
Plus de propositions aux lycéens
« La plateforme Parcoursup a été plus rapide, a fait plus de propositions aux lycéens et aux candidats puisque l’an dernier ce n’étaient que 8 lycéens sur 10 qui avaient reçu au moins une proposition d’admission », a souligné Jérôme Teillard, chef de projet Parcoursup pour le ministère de l’Enseignement supérieur. Selon le gouvernement, ces meilleurs résultats « se vérifient également pour les étudiants en réorientation, en dépit du plus grand nombre d’inscrits cette année sur Parcoursup (77 % soit 1,3 point supplémentaire par rapport à 2020) ».
« Notre priorité du moment est que ceux qui ont des propositions puissent aller s’inscrire et que, pour ceux qui n’ont pas eu de propositions, on puisse déclencher un dispositif personnalisé pour leur trouver une solution d’ici à la rentrée », a poursuivi Jérôme Teillard.
« C’est beaucoup et c’est toujours trop »
Pour Yann Carcel, vice-président du syndicat étudiant Fage « plus de 91.000 candidats en attente de places, c’est beaucoup et c’est toujours trop ». Selon lui, « la même grande inquiétude est toujours présente, celle de ne pas avoir le taux de satisfaction des candidats ». Même constat pour Mélanie Luce, présidente de l’Unef, syndicat étudiant opposé à Parcoursup. « On a toujours et encore le même problème : combien de jeunes ne peuvent pas accéder à la filière de leur choix ? », s’interroge-t-elle.
Anne Roger, co-secrétaire générale du syndicat Snesup (professeurs de l’enseignement supérieur) soulève les agitations qui se font ressentir très fortement dans les filières en tension. « Des filières comme Staps, à Rennes ou Grenoble, ont tiré la sonnette d’alarme et ce n’est que le début d’une longue liste », craint-elle. La semaine dernière, les enseignants Staps de ses universités ont suspendu leurs tâches administratives pour dénoncer le manque de personnel.
Regarder les places vacantes de la phase dite « complémentaire »
D’autres saluent les places de BTS qui ont été affectées davantage aux élèves de bac pro cette année. « Il y a moins de bac pro sur le carreau, c’était un enjeu et c’est une bonne chose », a constaté Françoise Lambert, secrétaire générale au Sgen-CFDT, syndicat favorable à la réforme. « Ce n’est qu’un début mais c’est très important de donner à ceux qui en ont le plus besoin des places dans les filières les plus encadrées », a-t-elle ajouté.
Pour tous ceux qui vont rester sans réponse à compter de vendredi soir, il est conseillé de regarder les places vacantes de la phase dite « complémentaire », ouverte depuis le 16 juin. Une possibilité qui leur sera offerte jusqu’au 16 septembre. Les candidats peuvent aussi solliciter la Commission d’accès à l’enseignement supérieur (CAES) de leur rectorat, qui essayera de leur proposer une solution adaptée.