Un couvre-feu à 18 heures en Ile-de-France est-il à craindre ?

Coronavirus en Ile-de-France : Un couvre-feu à 18 heures est-il à craindre ?

CONFINEMENTPour l’heure, l’incidence du Covid-19 en Ile-de-France reste relativement stable, à un niveau néanmoins très élevé. Mais les effets des fêtes et du variant anglais pourraient les faire grimper en flèche
Caroline Politi

Caroline Politi

L'essentiel

  • En Ile-de-France, l’incidence du coronavirus est sur un plateau haut, autour de 130 cas pour 100.000 habitants.
  • Les spécialistes craignent que les effets des fêtes et du variant anglais plongent la France dans un scénario « à l’anglaise ».
  • Les services de réanimation franciliens sont occupés à 50 % par des patients atteints du Covid-19.

Rideau à 18 heures pétantes. C’est ce que vivent, depuis le 2 janvier, les habitants de quinze départements de l’Est et du Sud-Est de la France. Objectif : ralentir autant que possible la circulation du Covid-19. Dans les Alpes-Maritimes, le département actuellement le plus touché par l’ épidémie de coronavirus en France, l’incidence atteint les 330 cas pour 100.000 habitants, contre 130 en moyenne en France et les courbes continuent de s’envoler. Des chiffres qui font blêmir les autorités sanitaires car 67 % des lits de réanimation sont déjà occupés dans le département et les effets des fêtes pourraient se faire sentir dans les jours à venir.

Ailleurs, le couvre-feu est maintenu à 20 heures mais certains départements – l’Allier ou la Côte d’Or, par exemple – pourraient rapidement « basculer », le taux d’incidence général et/ou concernant les plus de 65 ans étant désormais supérieur à 200 cas pour 100.000 habitants, le seuil limite établi par le gouvernement. En Ile-de-France, également, les indicateurs sont scrutés au jour le jour. Pour l’heure, l’incidence oscille entre 125 dans les Hauts-de-Seine et 140 à Paris. Chez les personnes de plus de 65 ans également – la population la plus à risque –, ce taux s’établit autour de 140 dans la région. Quant aux lits de réanimation, ils sont occupés pour moitié par des patients atteints par le Covid-19.

Un plateau haut

Pour l’heure, les courbes franciliennes sont relativement stables, sur un « plateau haut », mais les spécialistes n’écartent pas l’hypothèse d’une augmentation soudaine et difficilement contrôlable de l’épidémie, à l’image de ce qu’il s’est passé à Londres. Le brassage de populations liées aux vacances scolaires, les repas de famille, la chute des températures sont autant d’éléments qui jouent en faveur de la circulation du virus. « Théoriquement, on aurait pu commencer à voir depuis un ou deux jours les effets du réveillon de Noël mais il faut rester très prudent et se donner encore quelques jours avant de pouvoir analyser l’effet des fêtes sur l’épidémie, d’autant que pour l’instant les conséquences du réveillon ne sont pas encore perceptibles », note le Pr François Bricaire, infectiologue et membre de l’Académie de médecine. On estime en effet à une dizaine de jours le temps d’incubation de la maladie.

L’arrivée du variant anglais, beaucoup plus contagieux, pourrait également modifier la donne. Ce mardi, le directeur de l’assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch a indiqué qu’un premier cas avait été identifié à Paris. « Je regarde avec beaucoup d’inquiétude ce qui se passe sur le sol britannique, on ne peut pas prédire précisément ce qui va se passer en France, mais il faut se préparer à une situation similaire », insiste le Pr François Bricaire.

Quant à savoir si la campagne de vaccination anti-Covid, amenée à s’intensifier dans les jours à venir, pourrait ralentir sa propagation, lui n’y croit pas du tout. « Les effets seront sans doute trop tardifs si l’incidence se met à augmenter rapidement. » Il n’y a qu’à tourner la tête vers nos voisins d’outre-Manche, pourtant plus efficace que nous en matière de vaccination, pour partager ses inquiétudes.