Coronavirus : Le chaud ou le froid tuent-ils le virus ?
ECLAIRAGE•Pas facile de s’y retrouver dans le flux d’informations qui tombent sur le nouveau coronavirus. Une question en particulier vous taraude ? Chaque jour, « 20 Minutes » fait en sorte de vous apporter la réponse
Julie Bossart
Le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé ce mardi, lors de sa présentation du plan de déconfinement partiel à partir du 11 mai, que le port du masque serait obligatoire dans les transports en commun et au collège. L’occasion de faire un point sur leur utilisation, leur stérilisation, au-delà, sur ce qui peut tuer ou non le nouveau coronavirus. Une question que nous posent très régulièrement les lecteurs de 20 Minutes :
« Je dois préférer le froid ou la chaleur pour prévenir le Covid-19 ? » Améli
« Pourriez-vous me dire si le virus est détruit au congélateur à – 18 °C ? » Gerbel
« Je mets un produit infecté dans le congélateur. Lors de la décongélation de ce produit, le virus sera-t-il toujours actif ? » Dubuquoy
« Est-ce qu’un passage au four à micro-ondes détruit le virus ? » Raphaël
« Est-ce qu’un four micro-ondes peut stériliser des masques de protection déjà utilisés ? » Raillard
« Si je mets mon masque en tissu sous la chaleur de la vapeur de mon fer à repasser, cela désinfecte vraiment, et combien de temps ? » Brault
« Je souhaiterais savoir si on peut réutiliser un masque FFP2 au bout d’une semaine, sachant que ce masque, je l’aurais stocké pendant tout ce temps à l’abri de la lumière au sec et au chaud ? » Jean-Pierre
Voici les réponses que nous avons trouvées :
Tout d’abord, les connaissances sur le virus évoluant, on ne peut pas faire autrement que de vous conseiller de vous tenir informés sur les dernières avancées et recommandations qui en découlent. En consultant, par exemple, les sites de l’OMS, du ministère des Solidarités et de la Santé ou encore de l’Anses. Sur ce dernier, d’ailleurs, un «avis relatif à une demande urgente sur certains risques liés au Covid-19 », daté du 14 avril, est consultable.
Une différence entre la durée de vie sur les surfaces et les aliments. Selon cet avis de l’Anses, pour ce qui est « des surfaces inertes, sans mesure de nettoyage, les virus de la famille des Coronaviridae [la famille de virus à laquelle appartient le Sars-CoV-2, ou Covid-19] peuvent y persister jusqu’à̀ neuf jours, en particulier quand la température est basse et l’humidité́ relative de l’air est faible ». Cependant, compte tenu, entre autres, de la faible capacité́ de survie des coronavirus aux opérations de nettoyage et de désinfection, « la contamination des aliments par les surfaces est en principe maîtrisée ».
Pour les produits animaux et végétaux (traitement, préparation, consommation), « à ce jour, il n’existe pas de données d’inactivation thermique du Sars-CoV-2 » même, seulement des données relatives aux autres virus de la famille Coronaviridae. Mais, pour ces autres virus, la valeur de destruction thermique a été calculée pour chaque température. Et il en a été conclu que la cuisson (quatre minutes à 63 °C) pourrait être considérée comme efficace pour inactiver les coronavirus dans les aliments.
Concernant les aliments préparés, crus ou insuffisamment cuits, « les données actuelles montrent que les coronavirus semblent stables à des températures basses et négatives. Ainsi, la réfrigération et la congélation ne constituent pas un traitement d’inactivation pour ce micro-organisme. »
Le virus résiste au froid. Ce qu’il faut retenir de cet avis de l’Anses (et dont on trouve quelques passages et précisions dans cette fiche) : le virus résiste davantage aux températures basses sur les surfaces inertes, ainsi que sur les aliments crus ou peu cuits. En revanche, la chaleur le détruit (à partir de 60 °C), mais lorsqu’il est présent dans les aliments. Ainsi, le froid ne détruirait pas le virus. Mettre un produit (aliment, tissu ou autre matière) dans le congélateur ne servirait à rien. Laver du linge à plus de 60 °C, pendant ou moins trente minutes, ou cuire un aliment à la même température pendant au moins quatre minutes serait efficace.
Au sujet des masques plus précisément, et de leur traitement, en les mettant au micro-ondes ou sous la vapeur d’un fer à repasser, par exemple, rien ne peut être affirmé.
Certes, une étude dévoilée le 23 mars par des chercheurs de l’université américaine de Stanford a cherché à le savoir, comme nous vous l’indiquions dans cet article. En passant des masques N95 (l’équivalent du FFP2) sous un air à 70 °C pendant trente minutes dans un four (qui n’était pas celui d’un particulier), et sous de la vapeur d’eau. Au passage, rappelons que les fours à micro-ondes n’ont pas tous la même puissance et qu’il est dangereux d’y placer certains objets, au risque de les faire fondre ou d’exploser.
Ne pas réutiliser les masques. La Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), elle, insiste sur le fait que les masques ne doivent pas être réutilisés « dès lors qu’ils ont été manipulés et ôtés du visage ». D’autant plus qu’il faut faire attention à ne se munir que de ceux qui sont homologués. A ce propos, le gouvernement a « initié une filière de fabrication de masques grand public en textile, le plus souvent lavables et réutilisables », a souligné dans Les Echos Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances.
L’OMS est catégorique : « Les masques faciaux, y compris les masques médicaux plats ou les masques N95, ne doivent pas être réutilisés », même s’ils ont été lavés et soi-disant stérilisés avec des désinfectants pour les mains. Au passage, précise l’agence onusienne, « les lampes à UV ne tuent pas le coronavirus et ne doivent pas être utilisées pour se stériliser les mains ou d’autres parties du corps, car les rayons UV peuvent provoquer des érythèmes ». Les sèche-mains sont eux aussi inefficaces, ajoute-t-elle.
« Aujourd’hui, l’arsenal qu’on a [pour retraiter ces masques] est très limité », a récemment reconnu auprès de 20 Minutes Pierre Parneix, médecin de santé publique et d’hygiène hospitalière au CHU de Bordeaux et ancien président de la SF2H.
Notre dossier sur le coronavirus
En Belgique, toutefois, des entreprises disent avoir développé un conteneur permettant de désinfecter rapidement et en toute sécurité les masques FFP2, ce qui permet leur réutilisation, vient juste de rendre compte Le Spécialiste, un site sur l’actualité des médecins.
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