Immigration : A rebours de ses voisins, la France voit sa demande d'asile augmenter
REFUGIES•Les Etats-Unis restent la principale destination des demandeurs d’asile20 Minutes avec AFP
La demande d’asile ne cesse de baisser dans les pays de l’ OCDE, y compris aux États-Unis, principale destination des demandeurs d’asile. Mais pas en Espagne et en France, qui ont connu les plus fortes progressions en 2018, souligne un rapport de l’organisation publié mercredi.
Avec 1,07 million de demandes, l’asile a de nouveau reculé en 2018, que ce soit parmi les pays européens (-10 %) ou non-européens (-17 %) de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), après avoir émargé à 1,26 million de demandes de protection en 2017, et loin des records de 2015 et 2016, lorsqu’elles culminaient à 1,65 million.
77.000 demandes en moins aux Etats-Unis
Paradoxalement, la tendance baissière est insufflée par les États-Unis, pourtant premier pays de l’OCDE en termes d’asile avec 254.000 nouvelles demandes en 2018, selon le rapport « Perspectives des migrations internationales ». C’est 77.000 de moins qu’en 2017, lorsque l’Amérique de Donald Trump avait reçu quelque 330.000 demandes.
Le net durcissement de l’administration Trump, qui a lancé en 2018 une politique de « tolérance zéro » envers l’immigration clandestine et qui menace de séparer parents et enfants migrants, n’est peut-être pas étranger à cette baisse, dans un pays où près de 50 % de la demande provient de quatre pays : Salvador, Guatemala, Venezuela et Honduras.
« Le recul du nombre global de demandes dans les pays de l’OCDE (-175.000) est en grande partie lié à trois pays de destination : les États-Unis, l’Italie (-73.000) et l’Allemagne (-36.000) », peut-on lire dans le document. Le reflux est « partiellement contrebalancé par une augmentation en Espagne (+22.300) et en France (+19.000) », souligne encore le rapport, publié à une dizaine de jours d’un débat parlementaire en France sur l’immigration, dont la demande d’asile devrait être au cœur.
Le nombre de réfugiés en baisse
Avec près de 110.000 demandes, la France se situait en 2018 au 4e rang selon l’OCDE, juste derrière la Turquie (116.000) et l’Allemagne (162.000), sur une pente fortement décroissante. « Du fait de la baisse des demandes d’asile, le nombre de réfugiés enregistrés a également reculé [de 28 %], développe l’OCDE. En 2017, dernière année pour laquelle on dispose de données détaillées (…), 700.000 permis environ ont été délivrés pour raisons humanitaires, contre 900.000 en 2016. D’autres types de migrations permanentes sont cependant en hausse, notamment les migrations de travail (+6 %). »
Selon les chiffres de l’office français chargé des réfugiés (Ofpra), 46.700 personnes ont vu leur demande d’asile acceptée en France. Soit une hausse de 9 %.