Quel avenir pour le camp de migrants de Nantes et ses 441 tentes?

Nantes: Quel avenir pour le camp de migrants de Daviais et ses 441 tentes?

MIGRANTSAlors que la préfète de Loire-Atlantique incite Johanna Rolland à l'évacuation du square, l'opposition municipale demande à la maire de Nantes «des réponses humanitaires et politiques»...
Julie Urbach

Julie Urbach

L'essentiel

  • Au moins 500 migrants sont installés square Daviais, en centre-ville de Nantes, en attente de solutions d'hébergement.
  • «C'est la honte de Nantes» a réagi ce jeudi Laurence Garnier, chef de file de l'opposition (LR)

Il y aurait désormais 441 tentes, selon les associations. Depuis cet été, le square Daviais en plein centre-ville de Nantes abrite un gigantesque camp de migrants. Collés les uns aux autres, après un été caniculaire, au moins 500 hommes, cohabitent. Sans aucun WC, avec quatre douches bricolées, les conditions sanitaires se dégradent. La semaine dernière, sur le camp, plusieurs rixes ont éclaté.

Alors, faut-il évacuer le square Daviais ? Oui, selon celle qui a ordonné la première expulsion du site, fin juillet, avant que le camp ne se reforme très vite. Ce jeudi matin, au micro de France Bleu Loire Océan, la préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein a incité la maire de Nantes, Johanna Rolland, à le faire, jugeant « insupportable » l’occupation du domaine public municipal. « Les Nantais, aussi tolérants soient-ils, ne peuvent pas le supporter », a-t-elle notamment assuré.

Le camp de migrants du square Daviais à Nantes
Le camp de migrants du square Daviais à Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

« La honte de Nantes »

Quelques heures plus tard, en déplacement sur les lieux, c’est Laurence Garnier (LR), la cheffe de file de l’opposition, qui a mis la pression sur l’édile. « Plus on attend, et plus la crise va s’aggraver, juge l’élue. Ce square, c’est la honte de Nantes, qui montre l’incapacité de Johanna Rolland de régler une crise qui la dépasse. Il faut apporter des réponses humanitaires car c’est indigne de voir ces hommes entassés et privés de tout. Des réponses politiques aussi, en accueillant les réfugiés politiques, mais pas tous ceux qui viennent là pour des raisons économiques. »

À demi-mot, l’élue demande elle aussi l’évacuation des lieux. « J’aurais expulsé Daviais mais pas le lycée Leloup-Bouhier, où ces personnes avaient un toit et des sanitaires, assure Laurence Garnier. Aujourd’hui il faut mettre à disposition des bâtiments inoccupés le temps de régler la situation de chacun. Et que tout le monde se mette autour de la table. »

« Une violence de plus »

La maire de Nantes, elle, espère pouvoir faire les choses dans l’autre sens. Alors qu’elle continue de s’opposer à l’évacuation du square Daviais, elle attend toujours la réponse de l’État quant à l’ouverture de places supplémentaires en centres d’accueil pour les demandeurs d’asiles. Et rappelle que la municipalité a déjà investi un million d’euros pour les réfugiés en un an, avec déjà 600 places d’hébergement trouvées.

Mais alors que les autorités se renvoient la balle, la situation s’enlise. Les associations, présentes tous les jours pour fournir vêtements et nourriture, s’épuisent à trouver de nouveaux bénévoles. Et rappellent que si évacuation il y a, ce sera quasiment la 10e en moins d’un an (après celles de l’école des Beaux-Arts, du campus du Tertre, ou encore du bâtiment Cap 44…)

« Expulser sans solution digne et un minimum pérenne, ce serait une violence de plus dans le parcours de ces gens déjà malmenés, prévient Corinne Ducleux, du collectif de soutien aux migrants. On ne veut pas de récupération politique, mais c’est sûr qu’on ne peut pas imaginer qu’ils passent l’automne ici. C’est maintenant au ministre de l’Intérieur de trouver des solutions, même si elles se situent ailleurs en France. Des lieux vides, comme des centres de vacances, il y en a. »