Paris: Génération Identitaire descend dans le métro pour une «opération de sécurisation»
MANIFESTATION•Après Lille et Lyon, les identitaires -branche jeunesse du mouvement d’extrême droite Bloc identitaire- déplacent leur «tournée anti-racailles» dans le métro parisien…
Romain Lescurieux
Il est 19h30. En rang, une trentaine de jeunes équipés de blousons jaunes tiennent le quai de la station La Motte-Picquet Grenelle dans le XVème arrondissement. Après Lille et Lyon, ces membres de Génération Identitaire -la branche jeunesse du mouvement d’extrême droite Bloc identitaire- participent à une «tournée de vigilance citoyenne» ou «tournée anti-racailles», comme ils présentent cette opération, dans le métro parisien. Cette fois, sans les sweats «génération anti racaille» qu’ils avaient arborés dans les transports de la ville du Nord.
«Nous ne nous substituons pas à la police, mais à partir du moment où des citoyens sont agressés, c’est de notre devoir moral d’agir», lance fièrement Pierre Larti, 25 ans porte-parole Ile-de-France de Génération Identitaire. Les portes s’ouvrent. Par petits groupes, ils montent dans les wagons.
«La police n’a pas les moyens d’assurer la sécurité partout»
«Tu vas bientôt prendre ta carte?», demande une militante à une autre jeune fille du mouvement. Ils discutent, scrutent et descendent à chaque station pour laisser descendre les passagers. En pleine heure de pointe dans le métro, certains voyageurs leur lancent furtivement un regard. D’autres ne dérochent pas de leur partie de «2048».
«Si les gens ont des questions, nous répondons, nous expliquons. Et s’il y a une agression, nous agissons. Nous sommes là car la police n’a pas les moyens d’assurer la sécurité partout et tout le temps», poursuit Pierre. Ils font ces «tournées» depuis 2008 mais l’agression dans le métro de Lille et le récent fait divers de la Porte d’Ivry a «accéléré les opérations de ce type». Notamment à Paris, qui abrite «les lignes les plus dangereuses de France», ajoute Pierre. Plus de la moitié d’entre-eux ont «une formation de self-défense», affirme le jeune homme, qui refuse que l’on parle de «milice».
«Notre présence reste avant toute citoyenne», tient-il à ajouter, en donnant des indications à ses «collègues». Un accordéoniste entame les premières «Bella Ciao» (chant révolutionnaire): «J’ai oublié de le briefer lui», rigole un jeune identitaire. Les portes s’ouvrent, tout le monde descend. Changement de ligne de métro.
«Il n’y a pas de réactions, car les gens sont d’accord avec notre action»
Les marches de la station Sèvres-Babylone s’enchaînent. A 20 ans, Martin est militant à Génération Identitaire depuis plus de deux ans. Il a rejoint le mouvement car il avait «envie d’agir». «Il y a de plus en plus d’insécurité, de délinquance. Désormais il y a un trop-plein, il faut agir», dit-il, en scrutant le bout du couloir. «C’est un symbole que nous envoyons au gouvernement», précise de son côté Pierre.
Plus tard sur le quai de la station Concorde, une jeune fille interpelle un petit groupe: «Vous faites quoi? Vous êtes qui?». «Nous sommes Génération Identitaire, nous sécurisons le métro par notre présence», s’exclame l’un d’eux avant de remonter le métro. «Je ne connais pas», conclut la voyageuse.
Retour à La Motte-Picquet Grenelle. Une fois à l’extérieur, ils se débarrassent rapidement des blousons jaunes tandis que Pierre revient sur le peu de réactions des gens dans le métro: «Il n’y a pas de réactions, car les gens sont d’accord avec notre action et satisfaits par notre présence». A terme, il n’exclut pas de nouvelles opérations de «sécurisation» dans le métro et ailleurs. «Plus les faits nous donneront raison, plus nous continueront», lance-t-il, alors que les premiers identitaires commencent à se disperser de part et d’autre de la rue.