Le plus vieil Homo sapiens non africain serait grec et vieux de 210.000 ans

Le plus vieil Homo sapiens non africain serait grec et vieux de 210.000 ans

DECOUVERTEDes travaux publiés mercredi avancent de plus de 150.000 ans l'arrivée de notre espèce en Europe
20 Minutes avec AFP

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Il serait grec et un peu âgé : 210.000 ans, rien que ça ! Lui ? C’est Apidima 1, le plus vieil Homo sapiens non africain qui a été retrouvé grâce à des travaux publiés mercredi, qui avancent de plus de 150.000 ans l'arrivée de notre espèce en Europe.

Apidima 1 est « plus vieux que tous les autres spécimens d’Homo sapiens retrouvés hors d’Afrique », explique à l’AFP Katerina Harvati de l’université de Tübingen en Allemagne, coauteure de l’étude publiée mercredi dans la revue Nature. Un fragment de mâchoire d’un Homo sapiens retrouvé dans une grotte en Israël remonterait à une période allant de 177.000 à 194 000 ans. Les autres « plus anciens » des hommes modernes trouvés hors d’Afrique avoisineraient plutôt les 90.000 à 120.000 ans. En Europe, 70.000 ans.

Une reconnaissance tardive

C’est une reconnaissance tardive pour Apidima 1, lui qui avait été trouvé à la fin des années 1970. Découvert par le Musée d’anthropologie de l’Université d’Athènes dans une cavité du massif d’Apidima dans le Péloponnèse, il avait été, à l’époque, catalogué comme prénéandertalien.

Mais les techniques modernes de datation et d’imagerie ont permis à Katerina Harvati et son équipe de mettre en évidence « un mélange de caractéristiques humaines modernes et archaïques » qui en font « un Homo sapiens précoce ».

Un spécimen trop incomplet ?

Petit bémol : les archéologues n’ont retrouvé que la partie arrière de son crâne, et « certains pourraient soutenir que le spécimen est trop incomplet pour que son statut d’Homo sapiens soit sans équivoque », explique Eric Delson du Lehman College de New York dans un commentaire publié avec l’étude.

Pour Katerina Harvati, « Apidima 1 prouve que la dispersion de l’Homo sapiens hors d’Afrique a non seulement eu lieu plus tôt qu’on ne le pensait, il y a plus de 200.000 ans, mais aussi qu’elle s’est étendue jusqu’en Europe ».

L’Homo sapiens, également appelé l’homme moderne, est apparu en Afrique. Les plus anciens représentants connus de notre espèce sont vieux de 300.000 ans et ont été mis au jour au Maroc, sur le site de Jbel Irhoud. On a longtemps estimé qu’ils n’avaient quitté leur « berceau » que bien plus tard, il y a environ 70.000 ans, en une vague majeure. Mais depuis quelques années, les découvertes ne cessent de remettre en cause cette théorie, avançant toujours plus la date de leurs premières migrations et étendant la zone de leur dispersion.

Un Homme de Néandertal à ses côtés

Apidima 1 avait été découvert face à un autre crâne, baptisé Apidima 2. Selon l’étude (et la présence sur l’os occipital d’un bourrelet osseux horizontal), il s’agirait d’un Néandertalien âgé de 170.000 ans.

« Nos résultats suggèrent qu’au moins deux groupes de personnes vivaient au Pléistocène moyen dans ce qui est aujourd’hui le sud de la Grèce : une population précoce d’Homo sapiens et, plus tard, un groupe de Néandertaliens », avance la spécialiste suggérant que les deuxièmes avaient remplacé les premiers.