Des pesticides retrouvés dans la majorité des fruits et près de la moitié des légumes non bio
pas bon•Près de deux tiers des fruits (73,1 %) et quasiment la moitié des légumes (45,8 %) non bio contenaient au moins un résidu de pesticides sur les années 2017-21, selon une étude menée par Générations futures20 Minutes avec AFP
Cerises, salades, endives… et pesticides. Près de deux tiers des fruits (73,1 %) et quasiment la moitié des légumes (45,8 %) non bio contenaient au moins un résidu de pesticides sur les années 2017-21, selon une étude menée par Générations futures et publiée jeudi, soit moins d’un mois après l’annonce de la mise en pause du plan Ecophyto en France.
Un plan visant à réduire l’usage des pesticides en France, « le temps de mettre en place un nouvel indicateur » de mesure pour substituer l’actuel, le « Nodu ». Le gouvernement a rappelé ne pas vouloir « renoncer à l’ambition de réduire de 50 % l’usage des pesticides d’ici 2030 ». Un arrêté visant à interdire l’importation en France de produits alimentaires traités au thiaclopride, un néonicotinoïde jugé dangereux pour les insectes et la santé humaine, devrait d’ailleurs être publié vendredi.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes
En attendant, sur une autre étude portant sur les cinq années précédentes, soit de 2012 à 2017 menée par la même association, qui s’appuie sur « les résultats des plans de surveillance relatifs aux résidus de pesticides réalisés par les autorités françaises », 71,9 % des fruits vendus en France et 43,3 % des légumes étaient concernés.
Parmi les 21 fruits étudiés entre 2017 et 2021 par une ingénieure spécialisée pour le compte de l’ONG, certains sont dans une situation particulièrement critique : ainsi 93,8 % des échantillons de cerises comportent la trace d’au moins un pesticide. Plus de 80 % comportent même la trace de plusieurs pesticides. Parmi les fruits encore, les pamplemousses (91,1 %), les nectarines et les pêches (90,2 %), les raisins (88,3 %) ou encore les clémentines, mandarines et oranges (87,2 %) figurent également parmi les plus mauvais élèves.
La quantité de pesticides contenus dans certains fruits dépasse même la « limite maximale en résidus » (LMR), le niveau maximal autorisé légalement dans les denrées alimentaires. C’est le cas notamment pour les fruits de la passion (37,2 % avec au moins un résidu de pesticide dépassent la limite), les ananas (22,6 %) et les grenades (18,8 %).
Pour les 31 légumes étudiés, 78,3 % des céleris-raves, 69 % des melons et 67,7 % des endives étudiés contiennent au moins un résidu de pesticides. Ceux dépassant le plus les LMR sont dans l’ordre, les herbes fraîches (13,8 %, les céleris-raves (12,7 %) et les salades (12,1 %).