Le remboursement intégral des fauteuils roulants remis en question
ARGENT•Le remboursement intégral des fauteuils roulants par Emmanuel Macron pourrait être remis en question par manque de budget20 Minutes avec AFP
Les fauteuils roulants, équipements coûteux mais indispensables, seront intégralement remboursés par la Sécurité sociale cette année. C’est ce qu’a promis Emmanuel Macron lors de la Conférence nationale du handicap d’avril 2023. Mais les associations et les usagers s’inquiètent d’un éventuel recul de cette décision pour des raisons budgétaires.
A l’heure actuelle, le prix d’un fauteuil manuel peut atteindre jusqu’à 10.000 euros dont 600 euros remboursés par l’Assurance maladie, celui d’un électrique jusqu’à 50.000 euros dont 5.200 euros remboursés. Les départements, via la prestation de compensation du handicap (PCH), participent souvent au financement, jusqu’à plusieurs milliers d’euros.
Les engagements du gouvernement « ne sont pas à la hauteur »
Récemment, le gouvernement a présenté aux acteurs du secteur son nouveau projet. Il prévoit une augmentation de la base de remboursement qui est de 2.600 euros pour un fauteuil manuel et de 18.000 euros pour un électrique, et fixe un prix limite de vente. Cela signifie que les modèles aux tarifs inférieurs à ces limites seraient intégralement remboursés, mais que les autres ne seraient plus pris en charge.
Dans ces conditions, la quasi-totalité des fauteuils utilisés ne seraient plus remboursés, s’est alarmée l’association APF France Handicap. « Ce n’est pas à la hauteur, il y a la volonté de contenir les dépenses », déplore le député Sébastien Peytavie. Cet élu écologiste a lancé une pétition qui a déjà recueilli 60.000 signatures pour demander au gouvernement de respecter sa promesse de remboursement intégral.
Un fauteuil comme « prolongement du corps »
« Il y a toujours un gros reste à charge et c’est un parcours du combattant pour tenter de le diminuer », dénonce Malika Boubekeur, conseillère nationale d’APF France handicap, qui réclame depuis plusieurs années une réforme des modalités de remboursement. Or, « le fauteuil est le prolongement du corps de la personne » explique-t-elle, « il s’agit d’un moyen de compensation indispensable, adapté à ses habitudes de vie ».
« Sans fauteuil, je ne peux pas sortir de chez moi », explique Marie-Léa de Torres, 27 ans. Lorsque le modèle électrique qu’elle utilisait depuis l’adolescence tombe en panne, elle doit réunir 33.000 euros pour s’en procurer un nouveau. La Sécurité sociale et sa mutuelle couvrent moins de la moitié de la somme. Face au délai de traitement de son dossier par une structure de son département, elle décide de se « débrouiller » pour retrouver au plus vite sa « liberté ». « C’est dégradant de devoir demander de l’argent à ses proches » dit-elle, alors qu’elle a lancé une cagnotte en ligne. C’est également ce qu’à fait Eléonore, pour son projet de tour du monde en fauteuil.
En savoir plus sur le handicapLe ministère chargé des Personnes handicapées a indiqué que « le travail » se poursuivait avec « l’ensemble des acteurs » pour « trouver la meilleure approche » afin que « chacun puisse avoir accès à un fauteuil qui répond à ses besoins », dès cet été. « Les fauteuils roulants, manuels ou électriques, seront bien pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie et les complémentaires santé », a assuré la ministre déléguée Fadila Khattabi. « C’est un enjeu de justice sociale et de dignité » confirme-t-elle.