SANTEUn antiépileptique à l'origine d'au moins 450 malformations à la naissance

L'Igas épingle un antiépileptique à l'origine d'au moins 450 malformations à la naissance

SANTECertains risques liés à cet antiépileptique sont connus depuis les années 1980…
20 Minutes avec AFP

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Au moins 450 malformations congénitales à la naissance sont dues à la prise de l’antiépileptique valproate (Dépakine et ses dérivés) par des femmes enceintes, d’après une estimation publiée mardi par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).

En extrapolant des données obtenues dans la région Rhône-Alpes à la France entière, « ce sont entre 425 et 450 cas de naissances d’enfants vivants ou mort-nés exposés in utero au valproate entre 2006 et 2014 qui sont porteurs de malformations congénitales » indique l’Igas dans son rapport.

Le rapport a été commandé par le ministère de la Santé pour faire le point sur la prescription de l’antiépileptique, commercialisé depuis 1967. La ministre de la Santé Marisol Touraine avait demandé en juillet dernier l’ouverture d’une enquête sur la Dépakine, comme l’avait révélé à l’époque Le Figaro.

Un médicament rapidement mis en cause

Considéré comme un médicament de référence, incontournable pour certains patients atteints d’épilepsie, mais également utilisé pour traiter les troubles bipolaires, le valproate est sur la sellette depuis plusieurs années à cause de son risque élevé de malformation (de l’ordre de 10 %) mais également d’un risque plus élevé de retards intellectuels et/ou de la marche ainsi que de cas d’autisme qui peuvent atteindre jusqu’à 40 % des enfants exposés.

Ce dernier risque n’est connu que depuis les années 2000 alors que celui de malformations congénitales a commencé à filtrer dès les années 1980.

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Une prescription en baisse que chez les femmes en âge de procréer

Dans son rapport, l’Igas précise également que les prescriptions de valproate chez les femmes en âge de procréer (15-49 ans) ont baissé de 25 % entre 2006 et 2014, leur nombre étant passé 125.000 en 2006 à 93.000 en 2014 dont 56.000 traitées pour des troubles bipolaires.

Il faudra toutefois attendre le mois de mai pour avoir une « mesure plus précise de l’impact des prescriptions de valproate sur la descendance des femmes exposées », précise l’Igas.