Faut-il construire moins vite et moins haut à Rennes ?

Municipales 2020 à Rennes : Faut-il construire moins vite et moins haut ?

POLITIQUE 7/7« 20 Minutes » aborde chaque semaine un thème de la campagne des municipales à Rennes. Aujourd'hui, l’urbanisme avec un focus particulier sur le rythme de construction
Camille Allain

Camille Allain

L'essentiel

  • La politique de construction de logements menée par la majorité sortante est critiquée par la plupart des candidats aux municipales à Rennes.
  • Les listes proposent de ralentir le rythme de construction et de rénover l’existant.
  • La maire sortante Nathalie Appéré défend son bilan et brandit la menace d’une flambée des prix dans l’immobilier.

C’est sans doute l’un des thèmes sur lesquels la maire sortante est la plus attaquée. Engagée dans une politique de construction intensive de logements, Nathalie Appéré y voit un moyen de lutter contre la spéculation immobilière. « Si on laisse faire le marché, les prix grimpent. C’est une réponse à celles et ceux qui nous disent d’arrêter de construire. Si on le fait, on exclut les plus modestes », se défend la maire Nathalie Appéré. D’après l’Insee, 90.000 nouveaux habitants sont attendus d’ici 2035 dans la métropole, ce qui nécessitera de bâtir 65.000 logements. Mais tous les candidats aux élections municipales ne veulent pas construire de la même façon.

« Aujourd’hui, c’est du logement à tout prix », attaque Charles Compagnon. Le candidat de la droite et du centre propose de créer une nouvelle « gamme » de logements, à mi-chemin entre le marché privé et le logement social et notamment « des maisons compactes », offrant un petit jardin. « Pour les familles, qui doivent s’éloigner de Rennes ». L’ancien patron des commerçants souhaite aussi « densifier les zones de bureaux et de commerces » plutôt que les logements, notamment en proposant des petits immeubles de trois ou quatre étages dans des zones comme la Route de Lorient. « Construire moins vite et pour tous ». L’idée est d’ailleurs reprise par plusieurs candidats.

Favoriser l’emploi des éco-matériaux

Les écologistes proposent ainsi de ramener le nombre de constructions à 1.800 par an et imposer un « coefficient de végétalisation » imposé aux promoteurs afin de « verdir » leur projet. La liste emmenée par Matthieu Theurier milite également pour l’abandon des projets de tours et d’immeubles de grande hauteur et souhaite favoriser « l’emploi des éco-matériaux comme le bois, le chanvre ou la terre ».

Comme les écologistes, Carole Gandon propose de « préserver le patrimoine bâti » et d’utiliser des éco-matériaux. La candidate de La République en marche souhaite « imposer un moratoire sur la construction de tours ». Pour limiter la densification, la liste de la majorité présidentielle souhaite « mieux partager l’effort d’accueil et de densification à l’échelle de la métropole ». Enora Le Pape souhaite, elle, « réparer la ville ». « On nous fait croire qu’il faut soit construire à l’horizontale, soit à la verticale. Il y a une troisième voie qui consiste à rénover l’existant, à exploiter les bâtiments sous-utilisés », promet la candidate de La France insoumise, qui veut « éviter la massification » dans la ville.

La maire sortante propose quant à elle de « maintenir l’objectif de construire 1.500 à 2.000 logements par an » et de « garantir la mixité sociale ». Nathalie Appéré envisage la création d’une charte qui « garantira la concertation et la prise en compte des incidences pour les riverains ». L’élue socialiste espère ainsi limiter les critiques récurrentes adressées à sa majorité sur les constructions de tours. « Oui, je défends l’immeuble de grande hauteur, mais je n’en défends qu’un seul : celui de la tour Samsic à la gare », promet la socialiste.

Le candidat Frank Darcel plaide lui aussi pour « un moratoire sur les destructions de maisons et d’immeubles anciens ». Pour densifier la ville, il mise sur un projet de « Grand Rennes » rassemblant la ville centre et les 12 communes qui l’entourent.

Candidat du Rassemblement national Emeric Salmon souhaite lui « permettre à ceux qui le souhaitent de vivre en dehors de Rennes » en « déconcentrant l’activité économique » et en la répartissant sur le territoire.