Plutôt habitué à des rôles de séducteurs ou de jeunes rebelles (L’Arnacœur, L’Auberge espagnole), Romain Duris se distingue cette fois là où on ne l’attend pas. Pour sa première apparition dans un blockbuster, il campe dans « Tout l’argent du monde » un rôle à contre-courant. Celui de Cinquanta, petit mafieux calabrais pris d’affection pour son prisonnier. Le film retrace en effet l’enlèvement rocambolesque du petit-fils du magnat américain du pétrole John Paul Getty. Dans le Rome dans années 1970, John Paul Getty, troisième du nom, profite avec insouciance du charme de la ville éternelle. Une existence idyllique brutalement anéantie lorsque des malfaiteurs le kidnappent en pleine rue. Cinquanta, kidnappeur mais humainAlors qu’on imaginait le montant de la rançon exigée dérisoire pour le grand-père milliardaire, coup de tonnerre : ce dernier refuse de payer par avarice. Les ravisseurs commencent donc à trouver le temps long. Et notamment Cinquanta qui semble s’émouvoir, malgré lui, du sort de la victime. « Au départ, Cinquanta est juste un petit voyou. Mais son humanité et ses sentiments finissent par le rattraper, décrypte Romain Duris. De cette façon, cela donne un personnage assez riche à jouer, car il peut faire peur, mais également être émouvant, étant lui-même touché par la détresse de Paul, chez qui il voit un fils. Devant les autres kidnappeurs, Il doit jouer au "bad guy" sans dévoiler ses faiblesses. » Ridley Scott, « sculpteur » de scènesPas question non plus pour Romain Duris de dévoiler ses faiblesses devant le réalisateur Ridley Scott, pour qui le Français voue une admiration, le poussant à se surpasser. « C’est assez magique d’observer Ridley mettre en scène une situation. Moi, je le vois vraiment comme un peintre ou un sculpteur qui construit petit à petit la scène en superposant du bleu, du rouge, du jaune… avec de la vie au milieu. Il force les comédiens à le surprendre et à ne pas simplement balancer le texte et jouer une scène figée ou mécanique. » La bourse ou la vieA travers ce film, c’est enfin le rapport de chacun à l’argent qui est mis en exergue. La façon dont il conditionne nos choix de vies, « de la famille Getty, très riche, jusqu’au voyou de Calabre qui récupère 10 cents dans la cabine téléphonique », résume Romain Duris. La bourse ou la vie ?
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A voir : Tout l’argent du monde – Sortie en Blu-Ray et DVD le 27 avril – 2 h 15 min – Réalisé par Ridley Scott – Avec Michelle Williams, Christopher Plummer, Mark Wahlberg, Romain Duris, Charlie Plummer…