Jospin juge « absurde » que le PS menace Bayrou d’une motion de censure

Assemblée nationale : Lionel Jospin juge « absurde » que le PS agite la menace d’une motion de censure contre Bayrou

conseilsL’ex-Premier ministre estime que le PS ne doit pas « précipiter les échéances, au risque de faire le jeu de LFI ou du RN »
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

En voulant éviter le chaos politique, Lionel Jospin vient à la rescousse de son lointain successeur à Matignon. L’ancien Premier ministre socialiste estime en effet qu’il serait « absurde » que le PS agite la menace d’une motion de censure puisque la gauche n’est « pas maintenant en mesure d’offrir une alternative ».

« Les Français n’attendent pas des socialistes qu’ils renversent le gouvernement, mais qu’ils avancent des propositions sérieuses et un projet de société crédible », commente l’ancien premier secrétaire du parti dans un entretien au Monde, publié dimanche.

Trump, une épine pour le RN ?

« Au vu de la gravité de la situation nationale et internationale, il serait irresponsable de priver la France de gouvernement, puisque la gauche n’est pas maintenant en mesure d’offrir une alternative », ajoute Lionel Jospin qui avait déjà appelé, début février, à ne pas faire tomber François Bayrou sur le budget. « Nous n’avons pas à précipiter les échéances, au risque de faire le jeu de LFI ou du RN ».

Alors que Marine Le Pen caracole en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle de 2027, l’ancien Premier ministre estime que « la vague trumpiste » pourrait faire « trébucher » le Rassemblement national.

« Depuis l’avènement de Donald Trump, le RN est embarrassé. D’un côté, ses dirigeants sont séduits par ce courant nouveau, inattendu, dont ils aimeraient se nourrir. De l’autre, ils savent bien que la personnalité de Donald Trump choque les Français », développe-t-il. Et, s’il estime que « la dérive autoritaire » du président des États-Unis est « évidente », il croit aussi à « la lucidité du peuple américain », qui pourrait s’exprimer dès les prochaines élections de mi-mandat en 2026.

Un tacle contre Retailleau

Par ailleurs, interrogé sur la crise entre Paris et Alger, Lionel Jospin déplore qu'« Emmanuel Macron l’ait nourrie en oubliant la prudence, qui était jusque-là celle de la France sur la question du Sahara occidental ». En cause, le soutien apporté par le président français en juillet 2024 à un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour ce territoire au statut non défini pour l’ONU, ce qui avait provoqué l’ire de l’Algérie.

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Bruno Retailleau n’est pas non plus épargné par l’ancien responsable socialiste. Le ministre de l’Intérieur, qui a prôné « un rapport de force » avec Alger, « s’illusionne quand il pense qu’il pourra résoudre le problème actuel en tordant le bras des autorités algériennes », estime-t-il.