Créés pour l’humanitaire, ses purificateurs d’eau séduisent le grand public

Nantes : Créés pour l’humanitaire, ses purificateurs d’eau fabriqués en France séduisent les particuliers

EAU POTABLEDepuis cet été, la start-up nantaise Fonto de Vivo équipe les particuliers inquiets des pénuries liées à la sécheresse
Julie Urbach

Julie Urbach

L'essentiel

  • Orisa, un purificateur d’eau « plus petit et plus pratique », est présenté depuis ce jeudi au salon du Made in France.
  • D’abord conçu pour les populations victimes de catastrophes naturelles ou de guerres, l’objet intéresse aujourd’hui le grand public, inquiet des éventuelles pénuries.

Il pèse 2 kg, mesure 42 cm, et nourrit de grandes ambitions. Orisa, un purificateur d’eau, fait partie des objets présentés au salon Made in France (de ce jeudi à dimanche au parc des expos de la porte de Versailles à Paris), pour le plus grand plaisir de David Monnier. A 53 ans, cet ancien responsable humanitaire n’imaginait pas que son invention remporterait un tel succès, à l’étranger mais aussi en France depuis quelques mois. « Cet été, avec les inquiétudes liées à la sécheresse, les demandes des particuliers se sont multipliées, raconte le cofondateur (avec Anthony Cailleau) de la start-up Fonto de Vivo, située à Nantes. Des gens de toutes parts nous ont appelés, quelques survivalistes certes, mais aussi beaucoup de "Monsieur et madame Tout-le-monde" qui voulaient s’équiper en cas de coupure d’eau. On pensait en écouler quelques centaines, on en a vendu un millier [au prix de 250 euros] ! Et ça continue. »

Il y a cinq ans, c’était au départ pour aider les populations victimes de catastrophes naturelles ou de guerres qu’Orisa a été créé. Après une mission à Haïti, touchée par un tremblement de terre, David Monnier cherche une alternative à ces dispositifs « trop gros et imparfaits » pour permettre un véritable accès universel à l’eau potable aux familles, même les plus reculées, en toute autonomie. De là naît ce purificateur d’eau « plus petit et plus pratique », qui a la capacité de traiter immédiatement les eaux douces de surface, prélevées dans un cours d’eau ou un puits, grâce à un système de pompage, d’ultrafiltration membranaire et de rétrolavage intégré.

« Avant de devoir changer la membrane vont se dérouler plusieurs années, pendant lesquelles on peut produire 20.000 litres d’eau potable. Potable au sens de l’OMS, qui nous a mis la meilleure note en la matière », précise David Monnier, qui confie boire lui-même sans problème de l’eau de la Loire ou de la Sèvre, une fois passée dans la machine.



Avoir un purificateur « peut faire sens »

Si l’objet élimine les bactéries et les virus, mais pas (encore) les sels ou la chimie, quelque 15.000 purificateurs ont déjà été envoyés aux quatre coins du monde, via des ONG clientes dont la principale, Médecins sans frontières. Et avec ce nouveau marché inattendu des particuliers, la start-up de six salariés veut voir plus loin, avec la préparation d’une deuxième levée de fonds. « Comme on s’équipe d’un extincteur, ou de chaînes neige pour sa voiture, les gens commencent à se dire que ça peut faire sens de disposer d’un purificateur d’eau chez soi, observe David Monnier. En cas de pénuries, comme certains villages en France l’ont vécu, c’est rassurant de se dire que l’on peut aller se servir dans le fleuve ou la rivière près de chez soi. »

Fonto de Vivo, qui fait fabriquer les pièces de sa machine en Vendée et en Bretagne, recherche désormais un industriel à qui s’adosser. Pour le moment uniquement disponible en ligne sur son site, Orisa devrait bientôt l’être sur différentes marketplaces et pourquoi pas, dans un second temps, en magasins.