L’histoire des noms des rues de Paris révélée par une carte interactive

Paris: Une carte interactive raconte l’origine des noms de 6.840 rues de la capitale

TOPONYMIESur Paristique, il suffit de cliquer sur les petits points pour accéder à l’histoire des noms des rues de Paris. Et certains vont vous surprendre, comme la rue du Pélican ou celle du Petit-Musc…
Fabrice Pouliquen

Fabrice Pouliquen

Les petits génies de l’informatique s’amusent beaucoup depuis que la ville de Paris s’est mise à l’, mettant en accès libre, sur le Web, Le dernier exemple en date se nomme , une carte interactive de la capitale qui vous raconte l’histoire et l’origine de tous les noms de rues de la ville.

Mauvaises réputations

Paris se retrouve alors parsemé de petits points. Les gris pour les rues, les jaunes pour les places, les mauves pour les zones piétonnes et les roses pour tout le reste. En cliquant dessus, on accède à toute une série d’informations sur ses artères, y compris l’origine de leur nom. Ainsi apprend-on que la (très chic aujourd’hui) tire très probablement son nom des nombreux vols qui se commettaient dans cette voie au XVIIe siècle. s’appelle ainsi en raison des bandes de brigands qui l’habitaient autrefois.

La , pour sa part, doit son nom à un pont qui surmontait autrefois un fossé au milieu des cultures maraîchères. Quant à , elle fait référence aux nombreuses prostituées qui offraient leurs services dans ce coin du Marais. Petit Musc dérive alors de Pute-y-Muse, « muse » signifiant « flâner » en vieux français.

Un travail de huit heures dans l’avion

De quoi donc mourir moins bête ! S’il y a quelqu’un à remercier, c’est , développeur Web de 29 ans, exilé à Dublin (Irlande) pour le travail, mais resté très attaché à Paris où il a vécu. Sa carte référence ainsi l’histoire de 6 840 rues, passages, boulevards, ponts et impasses de la capitale.

Guillaume Derolez est honnête : Paristique ne lui a pas pris des années de travail. « J’ai juste récupéré les données brutes sur le site open data de la ville, explique-t-il. Un fichier Excel pas très amusant à lire. Le plus long a été de nettoyer ces données, d’harmoniser le texte. Je m’y suis attelé lors d’un trajet en avion de huit heures sans Wi-Fi. Je n’avais pas vraiment autre chose à faire. » Le programmateur Web prendra quelques semaines supplémentaires pour monter le site sur son temps libre. Le tour était joué.

En ligne depuis l’été 2015, le site s’est retrouvé au départ noyé dans le Web et n’a attiré que peu de visites. Jusqu’à dimanche dernier, lorsque Guillaume Derolez a diffusé sa carte de Paris sur le site Web communautaire . Paristique a alors suscité une panoplie de commentaires et fini par se faire repérer par le site et (et 20 Minutes).

Reddit donne un nouveau souffle

Les statistiques explosent alors à la plus grande surprise de Guillaume Derolez. Paristique a accueilli 48.000 visiteurs mercredi. Pas mal pour un site habitué à n’en recevoir qu’une centaine par jour. Surtout, Guillaume Derolez reçoit plein de messages constructifs d’internautes. Soit pour corriger certaines données, soit pour apporter quelques améliorations au site. Du coup, Guillaume Derolez a plein d’idées : « Déjà, grossir les points pour permettre de cliquer plus facilement dessus, mais aussi intégrer un moteur de recherche pour trouver plus simplement sa rue, lance-t-il. Il faudrait aussi que je stylise un peu les fenêtres dans lesquelles s’affiche l’histoire des rues. Aujourd’hui, c’est juste un carré blanc. Je peux faire mieux. »

Autrement dit, Guillaume Derolez a encore quelques heures de travail devant lui. « Cela ne me dérange pas, raconte-t-il. J’aime bien l’idée que des gens apprennent des choses sur Paristique. » Lui aussi a retenu quelques noms de rues insolites. « La , par exemple, n’a rien à voir avec le grand oiseau, mais provient de la déformation de “rue du Poile-Con”, comme elle était surnommée au Moyen-Age. » Toujours en référence aux nombreuses prostituées qui travaillaient là.