Ménagerie du Jardin des Plantes: Dans les coulisses de l'examen vétérinaire du premier bébé caracal né en France
REPORTAGE•« 20 Minutes » a assisté au premier contrôle vétérinaire du bébé caracal né le 20 avril à la ménagerie du parc zoologique du Jardin des Plantes…Jessica Martinez
«C’est une femelle ! » Dans la salle d’examen du parc zoologique du Jardin des Plantes, la nouvelle que tout le monde attendait vient de tomber : le premier bébé caracal à naître à la ménagerie du parc zoologique du Jardin des Plantes est une fille. « Et elle est parfaite », ajoute encore dans un sourire Norin Chai, le vétérinaire en chef et directeur adjoint de la ménagerie.
Ce vendredi était un grand jour pour le félin originaire d’Afrique et du Moyen Orient : au programme, identification du sexe, première vaccination, puçage, pesée (le bébé pèse 1,75 kg) et… échographie cardiaque.
« Nous avons en effet découvert que 100 % des félins sauvages présentaient une pathologie cardiaque, il faut donc les suivre de près de ce côté-là », explique Norin Chai, qui étudie le phénomène depuis une dizaine d’années avec le professeur Valérie Chetboul de l’Ecole nationale de vétérinaire d’Alfort.
Des vérifications d’à peine quelques minutes, qui auront tout de même nécessité une anesthésie gazeuse, l’animal étant un peu stressé pour son tout premier contrôle sanitaire.
Une naissance exceptionnelle
Née le 20 avril dernier, ce jeune félin aux grandes oreilles pourvues de longs pinceaux de poils noirs, caractéristiques de cette espèce, est également le tout premier caracal né sur le sol français.
« Il n’y a que trois institutions en Europe qui en possèdent », précise Norin Chai. Un événement d’autant plus important qu’il n’existe aujourd’hui que 154 caracals recensés à travers les parcs zoologiques du monde entier, dont seulement 59 en Europe.
Une naissance très touchante, pour les six soigneurs du parc, dédié à lafauverie « Nous étions très heureux de la découvrir », nous raconte Anaïs, soigneur à la fauverie depuis plus d’un an, et passionnée de fauves, ses « animaux de prédilection ».
« Maintenant il va falloir lui trouver un prénom ! », ajoute Anaïs, en se tournant vers son chef soigneur, Gérard Dousseau. Très vite, les soigneurs tombent d’accord : ils selectionneront trois prénoms ce week-end et feront choisir le public par vote via leur compte Facebook dès la semaine prochaine.
Une ménagerie proche de son public, et de ses animaux
« On recourt assez souvent à cette méthode pour nommer les nouveaux venus. Les gens apprécient », ajoute Anais. « Et puis ça participe de l’une de nos missions en tant que parc zoologique » vient compléter Gérard Dousseau. « On protège des espèces menacées pour qu’elles ne disparaissent pas, et en même temps nous avons vocation à éduquer les gens aux sciences naturelles, pour en faire des citoyens protecteurs de la nature ».
Cette protection commence dans le parc, par la recherche du bien-être des animaux, élément clé du travail des soigneurs. « Le soigneur doit être la personne en laquelle l’animal a le plus confiance, pour que l’animal ait les meilleures conditions de vie possible. Mais il faut du temps pour créer un tel lien ».
Un travail de longue haleine, auquel se consacrent au quotidien les 34 soigneurs de la ménagerie du parc zoologique du Jardin des plantes. Avec peut-être une seule nuance pour les soigneurs de félins : « Avec les fauves, on n’enlève jamais totalement la grille », conclue Gérard Dousseau.