Nantes: Tout comprendre à SoNantes, la monnaie locale en circulation depuis ce mardi
ECONOMIE•La monnaie complémentaire de la région nantaise a été lancée officiellement ce mardi...
Julie Urbach
Pas de pièce ni de billet, mais une petite carte rouge. Ce mardi, la monnaie locale de la métropole nantaise est officiellement lancée. Complémentaire à l’euro, SoNantes permet d’encourager les échanges au niveau local. Entre entreprises du territoire d’abord, mais aussi avec les particuliers.
Comment ça marche?
«La carte SoNantes est utilisable grâce à un code personnel dans les terminaux de paiement des entreprises qui adhèrent à SoNantes, mais aussi sur Internet, et bientôt avec son smartphone, grâce au paiement sans contact, explique Jacques Stern, directeur du Crédit municipal. Nous avons choisi un système simple, facile d’usage.» Pas de conversion compliquée non plus: un euro est égal à une SoN. L’inscription est gratuite en ligne pour les particuliers qui veulent ouvrir et créditer un compte, mais un abonnement mensuel payant est demandé aux entreprises (18€/mois).
« C'est parti pour du shopping... au service de l'économie locale ! @SoNantes #nantes https://t.co/0oZ6RwccLD pic.twitter.com/POYGquAhPR — Simon Nau (@SimonNau) April 27, 2015 »
A quoi ça sert?
Comme SoNantes n’est utilisable que sur le territoire de la métropole nantaise, cette monnaie complémentaire garantit les échanges entre acteurs de la région nantaise, et ainsi son développement économique. Une fois des SoNantes gagnées, les entreprises sont invitées à les redépenser auprès d’autres sociétés adhérentes (des fournisseurs par exemple), et ainsi de suite…
«Le pari, c’est l’échange, que cette monnaie ne dorme pas mais qu’elle circule au maximum», illustre Johanna Rolland, présidente de Nantes métropole. Dans le cas inverse, le solde ne perdra pas de sa valeur comme certaines monnaies dites «fondantes». Mais les utilisateurs seront fortement incités à se servir de leurs SoNantes.
Où l’utiliser pour le moment ?
Alors que les inscriptions ont été lancées il y a un mois, 150 adhérents sont déjà prêts à tenter l’aventure. Parmi les entreprises, on trouve des brasseries, start-up, magasins alimentaires, associations… Dans quelques semaines, on pourra payer son parking NGE, ses tickets de transport TAN mais aussi les activités des centres de loisirs Accoord avec sa carte SoNantes. Un annuaire est accessible en ligne et remis à jour en temps réel pour savoir où faire ses achats. L’objectif d’ici quatre ans est de 3.000 entreprises (10%) et près de 10.000 particuliers.
Pourquoi s'y mettre?
Pour les particuliers, il s'agit d'abord d'un engagement citoyen. Une démarche partagée par les entreprises adhérentes. «Si l'on veut se détacher du modèle économique actuel, il faut se lancer, prendre des risques!», assure Michaël, qui vend des boissons chaudes rue du Calvaire, dans son Pousse-café.
Autre atout, le dispositif permet de créer une communauté d'entreprises et de s'ouvrir ainsi à de nouveaux clients. «Le projet va nous permettre de nous intégrer davantage dans le milieu nantais, assure Priscilia, qui gère l'agence de développement Web et mobile We Craft Apps. Nous pourrons ensuite dépenser nos SoNantes chez d'autres entreprises, par exemple dans les restaurants partenaires pour régler des déjeuners professionnels. Ou pourquoi pas en primes pour nos futurs salariés!»
On est sûrs que ça va marcher?
Si trop peu de monde s’y met, la circulation de la monnaie va se trouver, de fait, vite bloquée. C’est ce que prévoit l’opposition, qui assure que «SoNantes ne provient pas d’une demande des habitants ou des entreprises» et dénonce de l’argent dépensé «sans besoin réel», tout en faisant des propositions. Filiale du Crédit Municipal, la SoNao qui gère SoNantes est dotée d’un capital de 2 millions d’euros. Le système devrait être à l’équilibre d’ici 2 à 3 ans, estiment les créateurs.