Thaïlande: la colère monte dans le nord inondé de Bangkok

Thaïlande: la colère monte dans le nord inondé de Bangkok

Quelques centaines de personnes dont les habitations dans le ...
© 2011 AFP

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Quelques centaines de personnes dont les habitations dans le Nord-Est de Bangkok sont inondées depuis des jours, ont réclamé lundi une évacuation plus rapide de l'eau, accusant les autorités de les sacrifier pour protéger le centre de la capitale toujours au sec.

Dimanche soir, plusieurs centaines de personnes selon la police s'étaient rassemblées près d'une écluse du district de Khlong Sam Wa, exigeant qu'elle soit ouverte plus largement qu'elle ne l'est actuellement pour évacuer plus vite l'eau qui submerge leur quartier.

Et beaucoup d'entre elles sont revenues lundi, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le Centre de coordination des secours (Froc) a demandé l'aide de l'armée "dans les zones où il y a des conflits", a indiqué le ministre de la Défense Yuthasak Sasipabha, précisant que l'armée avait envoyé "200 hommes de la police militaire" autour de plusieurs écluses.

Plusieurs districts du nord et de l'est de la capitale sont inondés depuis plus d'une semaine, tout comme certains quartiers sur les rives du fleuve Chao Phraya qui traverse la ville. Et la situation dans ces zones "reste critique", a estimé lundi le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Le centre financier et d'affaires de Bangkok est en revanche épargné par ces inondations historiques qui ont fait au moins 381 morts depuis fin juillet.

Samedi, des habitants avaient détruit une digue dans le nord de la ville, selon Ocha, qui a noté que "des tensions ont été rapportées entre autorités et habitants qui craignent que les digues n'empêchent l'eau d'être évacuée de leur district".

"Ma maison est inondée depuis deux mois et c'est pire depuis deux semaines. Ca m'arrive à la poitrine mais de l'autre côté, c'est sec. Je veux qu'ils ouvrent tout de suite l'écluse" de Khlong Sam Wa, a expliqué Samorn Sohwiset, 43 ans.

Si "ils n'ouvrent pas l'écluse, je dois le faire moi-même. Ils s'intéressent à ces gens riches. Je suis pauvre, mais je suis aussi important", a commenté un autre habitant en train de creuser à la pelle une tranchée pour tenter d'évacuer l'eau en reliant les deux côtés du canal, de part et d'autre de la porte de l'écluse.

L'autorité administrative de Bangkok a assuré s'inquiéter du sort de la population dans son ensemble mais ne pas pouvoir faire plus pour ces habitants.

"Si nous permettons un plein débit de l'eau, elle ira vers les parcs industriels de l'Est et vers d'autres districts", a précisé son porte-parole Jate Sopitpongstorn.