Pérou : Les transgenres classés comme des malades mentaux… vraiment ?
RETOUR EN ARRIÈRE•Le gouvernement péruvien a publié un décret classant les personnes transgenres, non-binaires et intersexuées comme ayant des troubles mentaux. Abasourdie, la communauté LGBT+ a demandé son abrogation immédiate20 Minutes avec AFP
Le gouvernement péruvien s’est attiré les foudres de la communauté LGBT+. Un décret du 10 mai du ministère de la Santé, dirigé par César Vásquez, vient de reclasser les personnes transgenres, non-binaires et intersexuées comme ayant des troubles mentaux. Il y a quelques mois, le gouvernement péruvien s’était déjà fait remarquer en prenant différentes mesures comme l’interdiction des références à l’égalité des genres dans les manuels scolaires.
Suite à la publication du décret, les groupes de défense LGBT+ et les associations de défense des droits de l’Homme et de la diversité sexuelle ont exigé son abrogation immédiate. Selon eux, ce texte encourage la discrimination et la violence à l’encontre de leurs membres. La communauté LGBT+ a appelé à une manifestation, ce vendredi à Lima. L’organisation de ce rassemblement coïncide par ailleurs avec la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.
Un retour en arrière
Le ministère de la Santé a réfuté toutes les accusations faites à son encontre. Dans un communiqué, il a précisé qu’il ne considérait pas la « diversité des genres et des sexualités » comme des maladies. « Nous exprimons notre respect pour les identités de genre, ainsi que notre rejet de la stigmatisation de la diversité sexuelle », est-il écrit. Le ministère de la Santé a également souligné que cette nouvelle catégorisation ne conduirait pas à des thérapies de conversion forcées.
Cette clarification n’a pas suffi à calmer les inquiétudes. Les membres des groupes LGBT+ estiment que cette étiquette de maladie mentale ne facilite davantage les discriminations et les violences envers les personnes transgenres et intersexuées. « Nous ne sommes pas des malades mentaux et nous ne souffrons d’aucun trouble mental », a affirmé Gianna Camacho, porte-parole de la Coordination nationale LGBT+.