Le caricaturiste tunisien Tawfik Omrane a été relâché

Tunisie : Le caricaturiste Tawfik Omrane a été relâché au lendemain de sa garde à vue

MédiasInterpellé jeudi, le dessinateur de 64 ans a été interrogé pendant trois heures sur deux caricatures publiées sur sa page « Omrane Cartoons », critiquant le choix d’Ahmed Hachani comme chef de gouvernement
20 Minutes avec AFP

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Il avait été placé en garde à vue jeudi pour des dessins satiriques représentant le Premier ministre de la Tunisie, Ahmed Hachani. Le caricaturiste tunisien Tawfik Omrane a été relâché vendredi. « Mon père doit se présenter le 25 septembre devant le tribunal de première instance de Tunis », a précisé sa fille Aya à l’AFP.

Interpellé jeudi, le dessinateur de 64 ans a été interrogé par la police pendant trois heures sur deux caricatures publiées début août sur sa page « Omrane Cartoons ». Il y critiquait le choix d’Ahmed Hachani comme chef de gouvernement, selon son avocat, Ayachi Hammami. Le procureur du tribunal de Ben Arous, au sud de Tunis, l’avait alors placé en garde à vue.

Le Premier ministre assure n’avoir « rien à voir » dans cette interpellation

« C’est une autre violation de la liberté d’expression qui touche cette fois un grand caricaturiste », a alors déploré son avocat, lui-même opposant farouche de la politique du président Kais Saied.

Le Premier ministre tunisien a affirmé dans un communiqué diffusé par ses services qu’il n’avait « rien à voir » avec l’arrestation du caricaturiste, ajoutant l’avoir apprise « par les médias ». Il a jugé que son arrestation serait « injustifiée » si elle était en lien avec ses caricatures, affirmant que Tawfik Omrane pourrait avoir été entendu dans le cadre d’une affaire de « chèque sans provision ».

Recul des libertés

L’arrestation de Tawfik Omrane, qui s’est fait connaître à partir des années 1980 par ses dessins de presse politiques, a été vivement critiquée sur les réseaux sociaux notamment par des figures de la société civile.

Dans un communiqué vendredi, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé la « répression du pouvoir et l’arrestation du caricaturiste » qui « portent atteinte à l’image de la Tunisie ». Le SNJT, ainsi que d’autres ONG locales et internationales, ont déploré un recul des libertés dans le pays depuis que le président Saied s’est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021.

Ces ONG ont également protesté contre « l’intimidation » des journalistes à travers des poursuites judiciaires et des interpellations « purement politiques ».