Guerre en Ukraine : Severodonetsk plie, un long processus d’adhésion à l’UE… Le conflit en quatre infographies
RECAP'•Chaque semaine, « 20 Minutes » vous résume les enjeux des combats armés en Ukraine en quatre infographies20 Minutes avec AFP
L'essentiel
- Après des semaines de combats dévastateurs, les forces ukrainiennes ont reçu l’ordre ce vendredi de se retirer de la ville de Severodonetsk dans l’est du pays, un revers militaire de taille, tant stratégiquement que symboliquement.
- La décision était historique : les Vingt-Sept ont décidé d’accorder le statut de candidat à l’Union européenne à l’Ukraine. Toutefois, le Kremlin a qualifié cette décision d'« affaire intérieure à l’Europe ».
- Kiev espère reprendre la main sur le terrain, grâce à l’arrivée des lance-roquettes américains Himars en Ukraine, des armes puissantes réclamées aux alliés pour faire face à l’invasion russe.
L’armée russe continue son offensive sur l’Ukraine. Moscou concentre à présent ses forces à l’est et au sud du pays et les villes-clefs de Severodonetsk et de Lyssytchansk sont presque dans les mains du Kremlin. 20 Minutes fait le point sur la guerre en Ukraine en quatre infographies.
Les Russes avancent dans le Donbass
Après des semaines de combats dévastateurs, les forces ukrainiennes ont reçu l’ordre vendredi de se retirer de la ville de Severodonetsk dans l’est du pays, une étape cruciale pour les Russes qui veulent conquérir tout le bassin industriel du Donbass. « Cela ne fait plus aucun sens de rester sur des positions qui ont été constamment bombardées depuis des mois », et alors que la ville a été « presque réduite à l’état de ruines » par les bombardements continuels, a expliqué Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de Lougansk.
Ce revers militaire de taille, tant stratégiquement que symboliquement, s’ajoute à d’autres reculs des forces ukrainiennes dans la région, où les troupes russes grignotent chaque jour du terrain. Mykolaïvka, ville située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Lyssytchansk, est « perdue » et aux mains de l’armée russe, a indiqué Serguiï Gaïdaï, ajoutant que les Russes tentaient désormais de « conquérir Guirské », une commune voisine de 10.000 habitants avant la guerre.
L’Ukraine dans la course à l’UE
C’est l’information essentielle – voire historique – de la semaine. L’Union européenne, réunie en sommet à Bruxelles, a entériné jeudi la candidature de l’Ukraine, une étape hautement symbolique, près de quatre mois après l’invasion lancée par l’armée russe. Le sommet de l’UE, consacré à l’octroi du statut de candidat à l’Ukraine et à sa voisine la Moldavie, « est un moment historique sur le plan géopolitique », a jugé le président du Conseil européen Charles Michel avant la réunion.
« C’est un moment unique et historique dans les relations Ukraine – Union européenne », s’est félicité Volodymyr Zelensky sur Twitter, affirmant que, selon lui, « l’avenir de l’Ukraine se trouve au sein de l’UE ». Accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’adhésion à l’Union européenne, « c’est le point de départ d’une nouvelle histoire pour l’Europe », a ajouté le président ukrainien. La route reste toutefois longue pour Kiev.
Des lance-roquettes américains en guise de présent
Le ministre de la Défense ukrainien, Oleksiï Reznikov, a annoncé jeudi l’arrivée des lance-roquettes américains Himars en Ukraine, des armes puissantes réclamées aux alliés pour faire face à l’invasion russe. « L’été sera chaud pour les occupants russes. Et le dernier pour certains d’entre eux », a-t-il menacé, sans préciser combien de Himars avaient été livrés par les Américains.
Les Etats-Unis avaient annoncé début juin qu’ils allaient fournir à l’Ukraine des systèmes Himars – pour High Mobility Artillery Rocket System - d’une portée de 80 kilomètres. Il ne s’agit donc pas de systèmes à très longue portée, de plusieurs centaines de kilomètres, comme en détient aussi l’armée américaine, mais ils restent des armes puissantes et de haute précision, d’une portée supérieure à celles de l’armée russe.
L’invasion détruit le grenier du monde
Les ministres de 40 pays tentent ce vendredi de trouver, lors d’une conférence réunie à Berlin, des « solutions » concrètes à la crise alimentaire provoquée par la guerre en Ukraine. Intitulée « S’unir pour la sécurité alimentaire mondiale », cette conférence, à laquelle participe notamment le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, se tient avant le sommet des dirigeants du G7, organisé en Bavière à partir de dimanche.
La conférence vise, vendredi après-midi, à « proposer des solutions » telles que l’accélération des exportations de denrées alimentaires depuis l’Ukraine par des voies alternatives à la mer Noire. L’invasion russe, avec notamment le blocus imposé aux ports de la mer Noire, fait grimper en flèche les prix des denrées alimentaires et a contribué à la flambée mondiale de l’inflation. Moscou utilise la faim « délibérément comme une arme de guerre » et prend « le monde entier en otage », dénoncent les Occidentaux.