Guerre en Ukraine : Les ménages russes endettés à des niveaux records
CRISE•La population russe souffre gravement des sanctions internationales avec notamment une inflation à 17,8 % sur un an en avril20 Minutes avec AFP
Les sanctions internationales contre la Russie se font particulièrement sentir dans le pays. L' endettement des ménages russes a atteint un maximum historique au premier trimestre de cette année, a indiqué la Banque centrale de Russie mardi dans un rapport.
« Juste avant le début de la crise (liée aux sanctions en raison de l’offensive russe en Ukraine), le marché des prêts aux particuliers a atteint le niveau le plus élevé d’endettement des ménages à un niveau macro depuis le début des observations », soit 10,6 % du revenu disponible de la population, contre 10,2 % à la même période en 2021, selon ce rapport. La Banque centrale note que dans le contexte de la situation économique dégradée et d’une hausse du coût du crédit en mars dernier, lorsqu’elle avait brusquement augmenté son taux directeur, l’émission de nouveaux crédits à la consommation a toutefois diminué.
Un taux directeur à 11 %
En mars-avril, l’émission de nouveaux crédits à la consommation a en effet baissé de 3,4 %. La Banque ne relève par contre pas de dégradation importante de la qualité des crédits aux particuliers. « Cependant, en mars-avril, une augmentation significative de la part des prêts à la consommation pour lesquels le prochain paiement a été manqué a été enregistrée », de 5,3 à 7,5 %, « ce qui indique une augmentation potentielle des prêts non performants à l’avenir », note la Banque.
Dans la foulée des premières sanctions après l’entrée des troupes russes en Ukraine le 24 février, la Banque centrale avait drastiquement augmenté son taux directeur de 10 % à 20 %, avant d’entamer une baisse progressive. Il est actuellement à 11 %. La population russe risque de souffrir gravement des sanctions : l’inflation, à 17,8 % annuels en avril, conjuguée à une baisse des revenus dus aux licenciements qui commencent et à un recours accru au chômage partiel par les usines en manque de pièces étrangères, vont réduire sensiblement le pouvoir d’achat des Russes, d’autant qu’ils ont peu d’épargne.