Royaume-Uni : Un policier plaide coupable du meurtre de la londonienne Sarah Everard
JUSTICE•La disparition de cette jeune femme en mars dernier avait bouleversé le pays20 Minutes avec AFP
Quatre mois après la disparition de la jeune londonienne Sarah Everard, la procédure judiciaire se poursuit au Royaume-Uni. Un policier de 48 ans a plaidé coupable ce vendredi du meurtre de cette jeune femme, qui avait bouleversé le Royaume-Uni début mars et relancé le débat sur les violences faites aux femmes.
Wayne Couzens a comparu par vidéoconférence depuis la prison londonienne de haute sécurité de Belmarsh où il est détenu, lors d’une audience à la cour criminelle de l’Old Bailey, à Londres. Il a plaidé coupable dans un murmure, la tête baissée.
Un « fardeau pour le reste de sa vie »
Pour son avocat, Jim Sturman, Wayne Couzens a formulé un « plaidoyer de culpabilité et des remords pour ce qu’il a fait et, comme il nous l’a dit ce matin, il portera le fardeau pour le reste de sa vie ». Cet agent de l’unité de la police de Londres chargée de la protection des représentations diplomatiques avait plaidé coupable, en juin, de l’enlèvement et du viol de la jeune femme de 33 ans qui avait disparu le 3 mars alors qu’elle rentrait chez elle après avoir quitté à pied le domicile d’amis à Clapham, dans le sud de la capitale.
Ce décès avait provoqué une vive émotion dans le pays. Des milliers de femmes avaient confié sur les réseaux sociaux leur sentiment d’insécurité, témoignant des menaces et harcèlement subis, et appelant les responsables politiques à agir pour y remédier. Evoquant Wayne Couzens vendredi devant la cour de l’Old Bailey, la cheffe de la police londonienne, Cressida Dick, a déclaré que les policiers étaient « écœurés, en colère et dévastés par les crimes de cet homme ».
« Parfaits inconnus »
Sarah Everard avait été retrouvée morte sept jours après sa disparition dans un bois du Kent (sud-est de l’Angleterre), à quelques mètres d’un terrain appartenant à Wayne Couzens. Selon le rapport du médecin légiste, sa mort a été causée par une « compression du cou ».
Lors de l’audience de vendredi, le juge Adrian Fulford a évoqué une « enquête gigantesque qui a abouti à des résultats très importants pour comprendre ce qui s’est passé ». Il a précisé que la peine du policier serait prononcée lors d’une audience prévue sur deux jours à partir du 29 septembre.
Risque de récidive
Les investigations ont révélé que le jour où Couzens avait réservé la voiture de location, il avait acheté un rouleau de film adhésif sur Internet. Deux jours après la disparition de Sarah Everard, des images de vidéosurveillance le montraient en train d’acheter deux sacs de gravats. Lors d’une audience précédente, le procureur avait souligné les risques importants de récidive du suspect s’il était libéré sous caution, citant un incident présumé d’exhibitionnisme le 28 février – quelques jours avant le meurtre.
L’IOPC, la police des polices, enquête pour savoir si la police de Londres a répondu de manière appropriée à ce signalement d’exhibitionnisme. Les forces de l’ordre ont aussi été critiquées pour leur intervention musclée en mars lors d’un hommage à Sarah Everard, rassemblement qui avait été interdit en raison du confinement alors en cours.