Polémique autour du nouveau comptage des victimes du Covid-19 en Espagne

Coronavirus en Espagne : Le nouveau comptage des victimes du Covid-19 tourne à la polémique

EPIDEMIELe ministère de la Santé a tenté vendredi d’homogénéiser les chiffres transmis par les différentes régions espagnoles, dont certaines ont décidé d’aussi inclure les cas suspects mais non confirmés. De fait, le nombre de morts de vendredi ne peut être comparé à celui de jeudi
Floréal Hernandez

F.H. avec AFP

De la confusion en Espagne autour des chiffres des personnes décédées du Covid-19. Ce vendredi, le ministère de la Santé a annoncé 19.478 morts du coronavirus. Mais le comptage n’est plus le même que jeudi où le bilan global s’était élevé à 19.130 avec 551 nouveaux décès en 24 heures, faisant de l’Espagne le troisième pays le plus endeuillé du monde derrière les Etats-Unis​ et l'Italie.

De l’autre côté des Pyrénées, le comptage n’inclut que les personnes positives au Covid-19. Plusieurs régions critiquent ce choix affirmant que des milliers de personnes supplémentaires sont mortes après avoir présenté des symptômes de la maladie mais sans avoir pu être testées. Selon la nouvelle méthodologie nationale, qui a entraîné une modification des bilans des jours précédents, 585 morts ont été enregistrées dans les dernières 24 heures.

Sur fond de controverse, le ministère de la Santé a tenté vendredi d’homogénéiser les chiffres transmis par les différentes régions, dont certaines comme la Catalogne (nord-est) ont décidé d’aussi inclure les cas suspects mais non confirmés.

Une polémique à cause d’un manque de tests

Au plus fort de la pandémie, le virus a tué jusqu’à 950 personnes le 2 avril. Le nombre des cas confirmés en Espagne a augmenté d’environ 5.200, passant à plus de 188.000, a précisé le ministère.

La polémique sur le comptage des morts s’explique en partie par le manque de tests disponibles, surtout au début de l’épidémie. « Dans bien des cas malheureusement, le test n’a pas pu être fait […], alors que tout indiquait que [les personnes mortes] avaient le Covid-19 », a reconnu le vice-président de la région de Madrid, la plus affectée, Ignacio Aguado. « Le nombre des morts est bien plus élevé », a-t-il insisté.

La Catalogne a annoncé il y a deux jours une nouvelle méthode de comptabilisation reposant sur les données des services funéraires incluant les défunts testés positifs et ceux ayant présenté des « symptômes compatibles » avec le Covid-19. Cette région, dont le nombre des morts dans le bilan national est de 3.752, évoque désormais un chiffre de plus de 7.500 décès.

Le gouvernement prépare un déconfinement progressif

L’Espagne est soumise depuis le 14 mars à l’un des confinements les plus stricts d’Europe, qui a été prolongé jusqu’au 25 avril inclus et devrait l’être encore même s’il sera certainement assoupli. Dans les hôpitaux, totalement réorganisés pour combattre le virus, les effets du confinement se font de plus en plus sentir. « Depuis environ cinq jours, il y a une certaine stabilisation, nous commençons à avoir plus de départs de patients que d’arrivées », a expliqué à l’AFP le chef du service d’épidémiologie de l’hôpital Clinic de Barcelone, Antoni Trilla.


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Même si l’Espagne se trouve toujours « dans une phase dure de lutte contre le coronavirus », le ministre de la Santé Salvador Illa, a assuré que le gouvernement commençait à préparer un déconfinement très progressif. Pour amorcer cette nouvelle phase, le nombre des tests quotidiens est passé de 20.000 à 40.000 et des tests sérologiques ont débuté pour déterminer le pourcentage de la population immunisé.