Explosion à Lavera: Riverains et salariés s'interrogent sur leur sécurité
INDUSTRIE•Fin 2009, la CGT du complexe pétrochimique avait tapé du point sur la table...L. berneron
L'origine du drame n'est pas encore connue, mais l'accident de l'usine Gazechim a déjà ravivé les craintes. Celles des salariés de la pétrochimie, et celles des riverains des sites Seveso. «Non, les salariés n'ont pas confiance en leur outil industriel, explique Jean-Marie Michelucci, représentant régional CGT pour la pétrochimie. Les avancées en matière de sécurité, on les obtient en gueulant ou au gré des catastrophes.»
Fin 2009, la CGT du complexe pétrochimique de Lavera avait tapé du point sur la table après une série d'incidents à l'usine Naphtachimie de Lavera. Le syndicat avait déposé une plainte au commissariat de Martigues pour «mise en danger de la vie d'autrui» contre Total, Ineos et Arkema, poids lourds de l'industrie locale. Depuis 2008, l'ensemble des entreprises du secteur ont mis un coup de frein dans les dépenses», estime le syndicaliste. S'il se refuse à échafauder une quelconque hypothèse sur le drame de jeudi, Jean-Marie Michelucci pointe le fait «qu'il a toujours, chez les industriels, des arbitrages entre rentabilité et sécurité ».
Pour protéger les riverains, les plans de prévention des risques technologiques (PPRT), mis en place après le drame d'AZF à Toulouse, devaient être achevés l'an dernier sur la zone de l'étang de Berre. Ils sont encore en gestation: les habitants s'opposent à des obligations de travaux de mise en sécurité qu'ils devront financer et les entreprises dialoguent toujours avec les services de l'Etat sur les études de danger. «Dans les réunions, tout le monde est beau et gentil, mais les accidents sont là», tranche Sylvestre Puech, riverain des sites Seveso de Martigues. Il rappelle qu'en «2009, il y avait déjà eu une fuite de chlore chez Gazechim». Quant aux résultats de l'audit qui devait être effectué par les services de l'industrie sur les incidents à Naphtachimie en 2009, ils n'ont pas été rendus publics. «La confiance se perd sans transparence», observe Sylvestre Puech.