Comment Diarra a foiré son retour

OM: De la renaissance au forfait, comment Diarra a foiré son retour

FOOTBALLLe milieu de terrain s’était préservé pour l’Euro mais il ne le disputera finalement pas…
Christine Laemmel

C.L.

Mauvais timing pour Lass'. Le revenant de cette saison avait pourtant tout calculé pour pouvoir disputer cet Euro en France. Mais Lassana Diarra a annoncé son forfait mardi soir, à cause d’une blessure au genou gauche. En un communiqué, il met fin à une renaissance engagée puis doucement freinée à l’Olympique de Marseille.

Le genou le fait souffrir depuis mars

La lésion du milieu de terrain date en fait de mars. Une simple inflammation le force d’abordà se faire remplacer avant la mi-temps, lors de la réception de Toulouse, le 6 mars. Un mois plus tard, le 3 avril, l’international français quitte le terrain à la 65e minute, en se tenant le genou.

Ce soir-là, Marseille vient de signer son huitième match d’affilée sans victoire et la relégation vient à la bouche des joueurs. « Au vu du classement, nous jouons le maintien », confie Abou Diaby, dans les couloirs de Furiani.

Quarante-huit heures après, le club annonce une absence de Diarra pendant 21 jours. Elle sera ensuite prolongée d’une semaine. Ce serait même lui qui aurait demandé à être mis au repos, croit savoir RMC, espérant revenir pour une finale de Coupe de France, encore hypothétique à ce moment.

Les sirènes du PSG

Pendant ce mois d’avril, son aura commence à se déliter doucement. Diarra pourrait céder aux sirènes du PSG, murmure-t-on. La rumeur fait grincer des dents du côté du boulevard Michelet.

Quand il revient début mai, c’est pour 15 minutes pas vraiment révolutionnaires à Angers. Il enchaîne ensuite un match complet contre Reims, pour le dernier match de la saison au Vélodrome. Ce soir-là, c’est Steve Mandanda qui émeut les Olympiens, enlacé par un ado survolté. Le gardien peine à contenir son trouble, dans des adieux contrariés avec ce public qui apprécie tant sa classe depuis neuf ans. Diarra, lui, en zone mixte, avoue sans pincettes, qu’il ne sera probablement pas là à la reprise. A Troyes, enfin, lors de la dernière journée, c’est avec un énorme strapping qu’il dépasse péniblement l’heure de jeu, avant d’être remplacé.

Les supporters agacés

Si physiquement, les pépins le poursuivent en fin de saison, le joueur fait aussi de plus en plus parler hors des terrains. Ses histoires de contrat ne plaisent pas. Son « manque de reconnaissance », envers le club qui l’a relancé, commence à surpasser les louanges de son talent, dans les commentaires.

Après l’échec au Stade de France, l’histoire explose. Lass' livre une confession fleuve dans l’Equipe, au bord de la menace pour Vincent Labrune. Il glisse une pique à l’OM qui contrarie encore un peu plus les supporters. « Sans ce deal [avec Vincent Labrune], je ne serai pas venu », lâche froidement l’ancien moscovite. Le club marseillais « n’était qu’une vitrine, maintenant il la brise », résumera un fan sur Twitter.

« Je ne veux viser personne, mais bon… »

Pire, Lass' commence à s’attirer les foudres de l’effectif olympien. Agacé par la finale perdue, il déclare : « Je ne veux viser personne, mais bon… Je pense que ce soir, il y avait mieux à faire ». Selon L’Equipe, le joueur aurait même insisté pour écarter Zambo Anguissa du groupe, s’attirant du même coup les foudres du vestiaire.

Cerise un peu pourrie sur le gâteau qui s’écroule, l’International plombe un peu plus son printemps en écopant le 28 mai, d’une condamnation du TAS, qui lui réclame 10 millions d’euros. Trois jours plus tard, c’est l’annonce du forfait, « pour revenir plus fort », assure timidement le joueur dans sa déclaration. Une nouvelle fois.