Définition : D’où vient l’expression « dormir sur ses deux oreilles » ?
français•Dormir sur deux oreilles est physiquement impossible, mais ça fait un bien fou. Partons en quête des origines de cette expression imagée
Frédéric Henry pour 20 Minutes
L'essentiel
- «Dormir sur ses deux oreilles » signifie « ne rien craindre ».
- La locution est attestée depuis 1832.
- Elle est souvent, mais à tort, attribuée à l’écrivain Prosper Mérimée.
«Dormir sur ses deux oreilles » est une tournure que vous avez sans doute déjà employée sans y réfléchir. Pourquoi « sans y réfléchir » ? Parce que, sauf à souffrir d’une sévère malformation, il est physiquement impossible de faire dodo sur ses deux oreilles (tout au plus une, et encore à condition de ne pas dormir sur le dos).
Bon, c’est impossible, mais ça veut dire quoi ?
« Dormir sur ses deux oreilles » est quelque chose que l’on dit à quelqu’un d’autre (« tu peux dormir sur tes deux oreilles ») pour le rassurer. Autrement dit, il n’y a aucun risque qu’une situation redoutée se produise et la personne peut baisser sa garde, s’endormir profondément sans crainte. C’est un peu le contraire de « ne dormir que d’un œil ».
D’où provient cette locution ?
Elle est souvent attribuée à l’auteur Prosper Mérimée, surtout connu pour sa nouvelle Carmen, dont est tiré l’opéra du même nom. Mérimée l’a en effet employée (sous la forme « dormir sur les deux oreilles ») dans une lettre à un autre grand écrivain, Stendhal, en 1832. L’expression ne peut toutefois pas être de lui, puisque le Dictionnaire de l’Académie française la recense dès 1835, soit trois ans plus tard et bien avant que les correspondances de Stendhal et Mérimée, tous deux encore en vie, ne soient publiées.
Notre dossier Langue françaiseNotez que Mérimée fut lui-même Immortel, mais comme il n’intégra l’institution qu’en 1844, il est improbable qu’il ait ajouté cette entrée au Dictionnaire. Quant à savoir qui a inventé la locution, c’est une tâche impossible, mais vu qu’il s’agit d’une image très parlante, il n’est pas difficile d’imaginer comment l’idée s’est imposée d’elle-même.
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