En fuite en Israël, Marco Mouly exige un « vrai procès » en France

En fuite en Israël, Marco Mouly assure ne pas être « en cavale » mais attendre « un vrai procès »

Attrape-moi si je veuxLe « roi de l’arnaque », connu notamment pour sa participation à la fraude à la taxe carbone, assure ne pas « être en cavale » en Israël mais attendre son procès en appel après sa dernière condamnation
Romarik Le Dourneuf

R.L.D.

«Je ne suis pas en cavale, je vis ma vie. Une vie simple. » Rendu célèbre par l’arnaque à la taxe carbone, Mardoché « Marco » Mouly continue de fuir la justice française. Pourtant, il refuse le terme de « cavale », comme il l’explique dans un entretien accordé à nos confrères du Parisien.

En novembre dernier, Marco Mouly a été condamné à trois ans de prison pour « escroquerie et organisation frauduleuse d’insolvabilité par débiteur ». Il lui est notamment reproché d’avoir organisé son insolvabilité pour éviter de payer les amendes dont il a écopé lors de différents procès.

Le « roi de l’arnaque » a « peur de rentrer à Paris »

« J’ai été condamné à trois ans de prison dans une affaire où n’importe qui d’autre aurait pris huit mois de sursis », explique-t-il, reprochant son traitement par un « procureur financier » qui aurait « bâclé l’affaire », le poussant à fuir en Israël, où il réside aujourd’hui.

À 60 ans, le « roi de l’arnaque » avoue avoir « peur de rentrer à Paris », certain d’être emprisonné à son retour. Pourtant, il assure vouloir se défendre et aurait l’intention de revenir en France quand son procès, pour l’appel qu’il a déposé, « aura une date d’audience ».

Condamné pour avoir organisé son insolvabilité

Il impose tout de même quelques conditions à ce retour, qu’il développe auprès du Parisien : « un vrai procès », « une vraie enquête », « un juge », « une commission rogatoire ». « Si c’est un procès normal, j’accepte de venir. Si c’est un procès contre moi, je ne me rendrai pas », explique le fugitif.

Le quotidien rappelle tout de même que Marco Mouly a « fait en sorte que sa fille perçoive tous les droits d’auteur de son livre La Cavale, alors qu’elle n’en a signé que la préface, mais aussi que la justice a souligné son train de vie dispendieux, malgré ses dettes auprès du fisc ».

Dans l’affaire de la taxe carbone, qui a inspiré la série télévisée D’argent et de sang, elle-même tirée du livre de même nom écrit par Fabrice Arfi, journaliste à Mediapart, Marco Mouly a été condamné pour sa participation à une fraude fiscale gigantesque sur le marché des droits à polluer qui aurait coûté 1,6 milliard d’euros au fisc français et 5 milliards d’euros à l’UE.