Affaire Cédric Chouviat : Le parquet demande que les trois policiers soient jugés pour homicide involontaire
procès•Le parquet de Paris a requis mardi un procès pour homicide involontaire contre les trois policiers dans l’affaire de la mort du livreur Cédric Chouviat à Paris en 202020 Minutes avec AFP
L'essentiel
- Le parquet de Paris a requis un procès pour homicide involontaire contre trois policiers dans l’enquête sur la mort de Cédric Chouviat à Paris en 2020, pendant une interpellation policière où la victime a répété « j’étouffe » avant de faire un malaise.
- La famille de Cédric Chouviat estimae que la qualification du procès ne reflète pas le caractère volontaire des violences subies.
- Trois des quatre policiers ayant participé au contrôle ont été mis en examen pour homicide involontaire en juillet 2020.
Il revient désormais au juge d’instruction de renvoyer ou non les policiers en procès. Le parquet de Paris a en effet requis mardi un procès pour homicide involontaire contre trois policiers, dans l’enquête sur la mort du livreur Cédric Chouviat à Paris en 2020, a appris l’AFP, confirmant une information de Mediapart. Selon le réquisitoire définitif, le parquet souligne que les trois fonctionnaires ont commis des « négligences » et « leur action conjuguée durant l’interpellation s’est révélée être la cause directe de l’homicide involontaire ».
La famille conteste la qualification du dossier
« Il nous apparaît évident qu’un procès s’impose. Il ne doit cependant pas être dévalué par le choix d’une qualification qui est un non-sens juridique car elle ne reflète pas la réalité du caractère volontaire des violences subies », ont réagi Maîtres William Bourdon et Vincent Brengarth, avocats de la famille de la victime.
Pour rappel, le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, père de famille de 42 ans, a été plaqué au sol avec son casque de moto sur la tête lors d’un contrôle policier, provoquant un malaise. Hospitalisé dans un état critique, il est déclaré mort deux jours plus tard. Trois des quatre policiers qui ont participé au contrôle, alors âgés de 23 à 33 ans, ont été mis en examen en juillet 2020 pour homicide involontaire dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur ce drame, tandis qu’une quatrième policière a été placée sous le statut intermédiaire de témoin assistée.
Plusieurs expertises médicales ont mis en cause les gestes d’interpellation des policiers. En parallèle, la famille de Cédric Chouviat pose la question de l’intentionnalité des violences de leur part, leur reprochant de n’avoir pas réagi assez vite aux signes d’asphyxie de la victime, qui a répété neuf fois « j’étouffe » en treize secondes avant de faire un malaise.