Le cerveau du braquage d’un fourgon blindé condamné à Lyon

Lyon : Le cerveau du braquage d’un fourgon blindé condamné, en son absence, à seize ans de prison

VERDICTL’homme a été reconnu coupable de « vol à main armée en bande organisée » et « séquestration » par la cour d’assises du Rhône
20 Minutes avec AFP

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Le verdict est tombé au bout de six jours de procès. L’homme considéré comme le cerveau du braquage d’un fourgon blindé en Suisse, assorti de l’enlèvement de la fille d’un des convoyeurs en 2019, a été condamné mercredi à seize ans de réclusion criminelle, une peine prononcée en son absence. L’avocat général avait requis vingt ans de prison.

Mehdi A., 40 ans, a été reconnu coupable de « vol à main armée en bande organisée » et « séquestration » par la cour d’assises du Rhône, à Lyon. D’abord en fuite, l’homme a été incarcéré et condamné en décembre 2022 en Tunisie, dans une affaire de faux documents, selon des indications parvenues à la cour le jour de l’ouverture des débats. La cour a confirmé le mandat d’arrêt le concernant.

L’enquête a établi qu’au moins six malfaiteurs avaient commis le braquage et la séquestration simultanée de la fille du conducteur du fourgon, pour faire pression sur ce dernier.

Deux autres personnes condamnées et une autre acquittée

Yusuf K., 32 ans, a écopé de six ans d’emprisonnement pour complicité. Le jury a considéré que cet ancien convoyeur avait fourni des renseignements déterminants à l’équipe de malfaiteurs lyonnais, ce qu’il a contesté pendant les six jours d’audience. Libre à l’audience après deux ans de détention provisoire, il a fait l’objet d’un mandat de dépôt.



Un troisième homme, Pascal G., 48 ans, a été condamné pour recel de 2,5 millions d’euros à quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis. Les jurés ont estimé que l’ami d’enfance du chef présumé du gang n’avait pas eu connaissance de l’origine exacte du butin caché chez lui. Il devrait bénéficier d’un aménagement de peine. Un acquittement a été prononcé contre un quatrième prévenu, initialement poursuivi pour association de malfaiteurs. Un autre accusé, hospitalisé la veille de l’audience pour des maux de ventre, doit être jugé dans les mois à venir. Son cas a été disjoint.

Le témoignage glaçant de la fille prise en otage

Le procès a été marqué par le témoignage glaçant de Sarah B., 26 ans, la fille du conducteur du fourgon, surprise à son domicile lyonnais par deux faux plombiers le 8 février 2018 au soir.

« J’étais terrorisée. Mon instinct de survie m’a dit qu’il fallait faire ce qu’ils me demandaient », a-t-elle raconté. Meurtre, viol, trafic d’organe, elle redoute de nombreux scénarios jusqu’à ce que ses ravisseurs lui demandent d’appeler son père, alors au volant de son fourgon blindé. Ils l’utilisent comme moyen de pression, pour le forcer à débloquer les portes du véhicule sans alerter son entreprise.

Quelques jours après le braquage, alors que les investigations battent leur plein, Sarah B. avait été placée en garde à vue, les enquêteurs ayant, dans un premier temps, des doutes sur le rôle joué par son père.