Des couches connectées pour savoir quand changer les personnes âgées

Nord : Des couches connectées dans un Ehpad pour savoir quand changer les personnes âgées

HIGH-TECHCe dispositif est testé pour la première fois en France dans une maison de retraite du Nord
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • Les couches connectées « fonctionnent un peu comme une jauge de batterie à trois niveaux. Vert quand tout va bien, orange quand le change commence à être humide et rouge quand il faut intervenir rapidement », explique le directeur de l’Ehpad testant les couches connectées.
  • Ces changes sont « 25 % plus cher » que des normaux. S’ils ne permettent pas de gagner du temps pour les aidants, ils assurent un meilleur confort aux personnes âgées.

Depuis le mois de juin dernier, l'Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), Le domaine des edelweiss, à Neuville-Saint-Rémy, dans le Nord, expérimente les changes connectés. Inconnue en France, cette innovation pourrait changer la vie des pensionnaires des maisons de retraite et faciliter le travail des aidants.

« C’est l’innovation de l’année », se réjouit Frédéric Van Herwegen, le directeur de l’Ehpad. Son établissement héberge près de 90 personnes âgées dont une bonne partie souffre d’incontinence et doit donc porter des changes. « Le personnel détermine le rythme biologique de chacun des pensionnaires pour effectuer des tours de change », explique le directeur. Mais ce n’est pas une science exacte et les accidents sont vite arrivés.

Des capteurs d’humidité en fibre de carbone

L’ancien directeur était tombé sur une solution de changes connectés, expérimentée dans quelques pays européens mais pas encore en France. C’est la société Abena-Frantex qui développe ce produit : « Il s’agit de changes classiques à usage unique mais équipés de capteurs d’humidité en fibre de carbone », détaille Frédéric Van Herwegen. Un petit boîtier est ensuite clipsé sur le change, relié en wifi au réseau. Les informations du capteur sont ensuite reçues sur les smartphones dont les aidants sont équipés.

« Cela fonctionne un peu comme une jauge de batterie à trois niveaux. Vert quand tout va bien, orange quand le change commence à être humide et rouge quand il faut intervenir rapidement », poursuit le directeur. Aux Edelweiss, l’innovation, expérimentée sur une dizaine de pensionnaires, se termine bientôt. « C’est concluant. En fait, on ne gagne pas vraiment en temps, mais plutôt en efficience. C’est un confort pour les personnes âgées mais aussi pour les aidants », affirme le directeur.

Eviter les actions inutiles et pénibles

Est-ce une piste pour alléger la charge de travail du personnel des Ehpad ? « Ici, pour chaque tournée, nous avons entre deux à trois aidants pour 15 pensionnaires. C’est assez pour assurer la base. Ce système permet surtout d’éviter les actions de change inutiles, pénibles pour le personnel et pour les pensionnaires », reconnaît Frédéric Van Herwegen.

Dans cet Ehpad, on réfléchit donc à pérenniser l’utilisation de changes connectés. « Sans doute au cas par cas car tout le monde n’a pas besoin de ça. Il faut que ce soit utile et pas juste pour être geek », explique-t-on aux Edelweiss. D’autant que l’innovation a un prix : « c’est environ 25 % plus cher que les changes normaux, sans compter l’application mobile et l’installation du réseau wifi », glisse Frédéric Van Herwegen.