Régionales en Ile-de-France : En gagnant dimanche, Valérie Pécresse peut-elle s’imposer à droite pour 2022 ?
REPORTAGE•La présidente sortante d’Ile-de-France doit absolument l’emporter dimanche pour rester en lice parmi les présidentiables de droiteLaure Cometti
L'essentiel
- Valérie Pécresse, favorite du second tour des élections régionales dimanche, brigue un deuxième mandat à la tête de la région Ile-de-France.
- A droite, elle fait partie des trois présidents sortants ayant affiché leurs ambitions présidentielles pour 2022, avec Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes).
- Pour son dernier meeting de campagne ce jeudi soir à Paris, elle a donné des accents régaliens à sa campagne et s’est posée en rassembleuse.
Une salle chauffée à bloc, un DJ set, un spectacle musical, des discours de Rachida Dati et Gérard Larcher… Pour son dernier meeting avant le second tour des élections régionales, Valérie Pécresse a vu les choses en grand. L’entourage de la présidente sortante de l’Ile-de-France, favorite après avoir frôlé les 36 % de suffrages au premier tour, a beau assurer qu’il est trop tôt pour évoquer l’élection présidentielle, sa campagne régionale ravive ses espoirs de peser en 2022.
Dans le Cirque d’Hiver Bouglione à Paris, où 800 personnes sont venues ce jeudi soir assister à ce « meeting pour la République », les discours ont d’ailleurs largement porté sur des thèmes régaliens, comme le terrorisme ou la sécurité, des compétences ne relevant pas de la région.
Un duel installé face à « une gauche qui a perdu sa boussole républicaine »
Des thèmes qui permettent aussi d’accentuer le duel avec la liste menée par l’écolo Julien Bayou, uni avec la socialiste Audrey Pulvar et l’insoumise Clémentine Autain. « Combien de fois on nous a dit que la droite était morte ? Ce soir je vois qu’une fois de plus on a prouvé le contraire », sourit la maire du 7e arrondissement parisien Rachida Dati avant de dézinguer « la gauche de la saleté, de l’anarchie et du chaos ».
« Deux projets de société s’affrontent dimanche », lance Valérie Pécresse, dans l’arène du cirque. « Le mien, celui d’une femme libre, gaulliste, face à celui d’une gauche alliée à l’extrême gauche qui a perdu sa boussole républicaine. Leur République est à genoux et en miettes, ma République est debout, unie, et fière ».
Pour son soutien Robin Réda, « une victoire de Valérie Pécresse contre cette alliance baroque préfigure peut-être le match qu’on aura en 2022 ». « Un duel entre les vrais républicains, et ceux qui misent sur la partition de la République », résume le député de l’Essonne et vice-président de Libres, le mouvement que Pécresse a créé en 2017, avant de quitter Les Républicains en 2019.
Soutenue par Valls et Dupont-Aignan
C’est d’ailleurs le rejet de cette liste d’union de gauche qui a suscité des soutiens « parfois inattendus », souligne Valérie Pécresse dans l’arène du cirque. Ce jeudi, les socialistes Manuel Valls et Jean-Paul Huchon, l’ancien président de la région, ont appelé à voter pour elle. La présidente sortante a aussi engrangé le soutien de Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France. Ses proches veulent y voir sa capacité à rassembler, un atout en vue de la présidentielle. « Elle est soutenue par un spectre très large, du centre gauche aux partisans d’une grande fermeté régalienne, grâce à ses valeurs républicaines. Ça va rebattre les cartes par rapport à 2022 », assure son soutien Eric Pauget, député des Alpes-Maritimes et vice-président de Libres.
Autre bonne nouvelle tombée ce jeudi, un sondage OpinionWay pour CNews qui la donne victorieuse dimanche avec plus de dix points d’avance sur la liste d’union de gauche, avec 43 % des intentions de vote. « Ce serait une très grosse performance, car cette région est traditionnellement à gauche », vante Eric Pauget, estimant que les scores de Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez au premier ne sont pas plus impressionnants. « Elle aura montré qu’elle est capable de s’imposer au même niveau que des ténors de droite », poursuit-il, convaincu que « notre pays est prêt à élire une femme présidente ».
« Beaucoup l’ont redécouverte à droite »
L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy joue gros, puisqu’elle a, comme Xavier Bertrand, promis qu’en cas de défaite aux régionales, elle arrêterait la politique. Mais contrairement à son ancien camarade à l’UMP, elle a choisi de temporiser avant de clarifier ses ambitions présidentielles, même si la socialiste Audrey Pulvar l’a accusée ce jeudi en meeting d’utiliser ce scrutin comme « un marchepied ».
Le chemin vers 2022 est encore long, alors que la droite choisira son champion à la rentrée. « Cette campagne régionale lui a donné une visibilité et une stature au-delà de l’Ile-de-France », assure Robin Réda. « Beaucoup l’ont redécouverte à droite, ils ne mesuraient peut-être pas sa détermination », vante un proche. Un avantage non négligeable puisque les sondages la donnent moins bien cotée que Xavier Bertrand pour la présidentielle.