Salaires: «500 euros c'est limite pour un apprenti»
SOCIAL•Des jeunes en apprentissage se sont réunis pour parler conditions de travail et salaires...Céline Boff
Evidemment, il y a les salaires. Ce 1er Mai, c'est l'un des sujets abordés par la cinquantaine de jeunes réunis à Paris à l'appel de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), une association gérée par et pour les jeunes des milieux populaires. Selon son âge et, surtout, son secteur, un apprenti gagne de 25 à 100% du smic. Soit entre 349,59 € et 1 090,73€ par mois. «Quand on gagne 735€, les centimes, on les compte, et les sorties, c'est niet», explique Elmaze, 22 ans, diplômée en puériculture. Sans compter «les heures supplémentaires, nombreuses et jamais payées». «Nous ne demandons pas les mêmes rémunérations que les salariés, mais 350 € ou 500 € par mois, c'est quand même limite pour un jeune qui crée de la richesse et participe à la réussite d'une entreprise», estime Stéphane Haar, 27 ans, président de la JOC. Au-delà des salaires, ce que les apprentis vivent le plus mal, ce sont leurs conditions de travail.
«Nous faire entendre»
Une jeune fille prend la parole: «Ce serait bien de définir les tâches exactes d'un apprenti, parce que le balai, ce n'est pas forcément à lui de le passer.» Les exemples ne manquent pas. Comme cet apprenti peintre chargé, pendant les trois ans de sa formation, de la gestion… des poubelles. «Si on entend souvent les étudiants, ce n'est pas le cas des apprentis. Les politiques parlent beaucoup de l'apprentissage, mais pas avec nous… Cet événement, c'est l'occasion de faire nos propositions. » Comme celle de contraindre davantage les entreprises à recourir aux apprentis et les centres de formation des apprentis (CFA), à aider les jeunes dans leur recherche. Ce qui est rarement le cas.
Résultat: selon une enquête de la JOC, 18% des jeunes ayant un projet de contrat d'apprentissage affirment y avoir renoncé, faute de d'entreprises. «On demande à un jeune de trouver seul un emploi, ce que même des adultes expérimentés et accompagnés par Pôle emploi n'arrivent pas à faire», se désole Stéphane Haar. qui souhaiterait également que les aides publiques accordées aux recruteurs «soient corrélées à la situation de l'entreprise et à son attitude envers les apprentis».