L'or, une épargne de précaution en période de crise
ARGENT•Valeur refuge traditionnelle, l’or est un investissement particulièrement prisé lorsque la Bourse et la situation économique en général se dégradentJulie Polizzi pour 20 Minutes
S’il y a une valeur qui peut s’acheter et se vendre dans le monde entier et ce, quelle que soit l’époque, c’est bien l'or. Ce métal précieux constitue le cinquième marché le plus liquide au monde. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres précis, les spécialistes estiment que les Français en détiennent entre 2.500 à 3.000 tonnes.
À chacun son or
Le métal doré a depuis longtemps une image de valeur refuge. À l’instar de l'immobilier, c’est un placement considéré comme sûr en période de crise. « C’est une valeur sécuritaire vers laquelle on se tourne lorsque l’économie bat de l’aile », confirme Jean-François Faure, fondateur de la plateforme spécialisée Aucoffre.com. Ceci dit, tout dépend de la façon dont on le gère.
Il faut ainsi distinguer ce qu’on appelle « l’or papier » et « l’or physique ». Dans le premier cas, il s’agit d’un actif boursier. La finalité est d’obtenir un rendement à très court terme en achetant et en vendant de l’or sur les marchés financiers. Mais, comme pour tout placement en Bourse, le capital n’est pas garanti. La logique est tout autre lorsqu’on achète des lingots et des pièces puisque, même s’ils ne vous rapportent rien, ils constituent une épargne de précaution que vous pourrez utiliser en cas de difficultés.
De la Bourse au coffre-fort
Il ne faut pas idéaliser ce placement. Comme n’importe quelle matière première, l’or obéit à un cours international qui fluctue quotidiennement au gré de l’activité de l’industrie du bijou et de celle des mines, mais aussi en fonction des politiques budgétaires et monétaires des États. En règle générale, il évolue à l’inverse des autres marchés financiers, ce qui constitue une protection en cas de crise boursière. Alors qu’une once d’or se monnayait environ 1. 358 euros fin 2019, sa valeur a par exemple avoisiné les 1.500 euros fin mars 2020, malgré plusieurs fluctuations et en pleine pandémie du coronavirus.
Il n’empêche, « un particulier qui ne veut pas faire du trading et recherche plutôt une épargne de précaution doit privilégier l’or physique », conseille Jean-François Faure. Si l’objectif est de se constituer, petit à petit, un véritable trésor, il s’agit alors d’acheter les produits les plus avantageux parmi une multitude de possibilités.
Pièces ou lingots ?
En matière d’or d’investissement, on peut tout d’abord opter pour le classique lingot, à partir d’1 kg, qui coûte plusieurs milliers d’euros. Ou, financièrement plus accessible, pour le lingotin, moins lourd. Mais attention, plus la quantité d’or est faible, plus le prix au gramme est élevé. De plus, ce type de support suit strictement le cours international.
C’est la raison pour laquelle les particuliers ont une préférence pour les pièces. « Alors qu’en temps normal, elles s’achètent à un prix approchant celui du cours, leur valeur peut grimper bien au-delà grâce à une forme d’attachement et à un effet de collection », détaille le fondateur d’Aucoffre.com. Et justement, cette plus-value, appelée « prime », s’envole en période de crise. En 2007, le célèbre Napoléon, emblématique en France, a par exemple pris 20 %, contre +11 % en mars 2020. Mais vous pouvez préférer les jetons, comme le 20 francs suisse, ou les pièces à cours légal, à l’instar du très connu Krugerrand sud-africain.