Pour Koxie, rapper à Neuilly, c'est du gâteau
MUSIQUE•Koxie, la rappeuse chic...Alice Antheaume
«Garçon, si tu enlèves la cédille, ça fait gare/con et gare aux cons ma fille, gare aux cons qui perdent leur cédille », chante Koxie, 30 ans. « Garçon », son single qui figure en première place des ventes françaises depuis six semaines (200 000 ventes au compteur), est aussi l'histoire d'un buzz venu du Net. A l'été 2005, la maquette de « Garçon » se retrouve sur YouTube et fait le tour des cours de récré. Un an et demi plus tard, Koxie signe chez AZ. Un contrat qui marque la fin de « plusieurs années de galère, surtout en élevant (s)a fille » et de temps passé à courir les maisons de disques. « C'est un kif d'être en major et très sécurisant pour un artiste, car tu es assisté par des personnes qui bossent sur ton projet. Se gérer seul s'avère beaucoup plus difficile ».
Koxie - Garçon
Sous sa frange brune, la chanteuse a le regard qui pétille et un look « bling bling ». Elle clame qu'elle a « grandi à Neuilly et fait du rap chic ». Dans ses paroles, pas de verlan. « J'aime la littérature de Racine, de Molière, et me prendre la tête sur les mots », dit-elle.
La dernière fois qu'on avait entendu parler de rap à Neuilly-sur-Seine, c'était dans les années 1990, avec le tube des Inconnus, « Auteuil Neuilly Passy. » « Dans le rap, c'est très important de dire d'où l'on vient, souligne Koxie. Alors j'en ai parlé pour qu'on ne me reproche pas de l'avoir caché. Aujourd'hui, j'habite dans le 18e arrondissement de Paris. Comme moi, Jean-Louis Aubert a suivi des cours au lycée de Neuilly, et ça ne l'a pas empêché de faire du rock. Neuilly ne signifie rien. »
Pourtant, sa ville d'enfance est une banlieue parisienne bien plus friquée que la moyenne et marquée par le sceau de Nicolas Sarkozy. Et si le président de la République invitait Koxie à chanter pour sa cause, que lui répondrait-elle ? « Il faut voir. S'il me contacte, j'irais volontiers à l'Elysée. Mais je ne vous dirai pas si j'ai voté Sarko ou Ségo. »