Malaise d'écoliers en Gironde: Les deux Châteaux poursuivis pour des épandages ont été relaxés
JUSTICE•Les deux Châteaux de Gironde dont les épandages étaient soupçonnés d’avoir provoqué des malaises chez des écoliers ont été relaxés par le tribunal. Les associations parties civiles vont faire appel
Elsa Provenzano
L'essentiel
- Deux Châteaux ont été jugés fin mars à Libourne pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques » après des malaises ressentis dans une école de Villeneuve en Gironde en mai 2014.
- Le tribunal a annoncé une relaxe pour les deux Châteaux, conformément à ce qu’avait requis la procureure à l’audience.
- Les parties civiles ont annoncé leur intention de faire appel sur les intérêts civils.
Ce mardi, le tribunal correctionnel de Libourne a relaxé les deux Châteaux mis en cause après des malaises ressentis par des élèves et leur enseignante le 5 mai 2014 à Villeneuve, en Gironde, dans une école cernée par des vignes traitées plus tôt dans la journée. Une décision conforme aux réquisitions de la procureure Sandrine Ballanger. « Il n’y a aucun lien de certitude entre épandage et symptômes et le doute doit profiter aux prévenus, comme le prévoient nos procédures », avait-elle argumenté à l’audience.
Après une plainte de la Sepanso et de Générations futures, le château Escalette, installé en bio, et Castel la Rose, en agriculture conventionnelle, ont comparu devant la justice pour « usage inapproprié de produits phytopharmaceutiques » le 20 mars dernier.
Quelque 23 écoliers avaient été victimes de maux de tête, nausées, irritations de la gorge et des yeux et leur enseignante avait été transportée aux urgences pour un malaise et arrêtée une journée par un médecin.
Les parties civiles vont faire appel
« C’est une décision très satisfaisante, a réagi maître Sophie Clavel, l’avocate de François Clauzel, directeur du Château Barbe (ex-Escalette). Les débats à l’audience avaient mis en évidence le sérieux de mon client et l’absence de négligence ». Elle souligne que tous les produits qu’il utilise sont encadrés par la réglementation de l’agriculture biologique et conventionnés. Le conseil du Château Castel la Rose n’a pas répondu à la sollicitation de 20 Minutes.
De son côté, la partie civile n’est pas très surprise de devoir poursuivre ce qu’elle appelle son « parcours du combattant ». Maître François Ruffié, avocat de la Sepanso et de Générations futures rappelle qu’il n’a pas été facile d’aller jusqu’au procès. Un non-lieu avait notamment été prononcé en septembre 2017 à Libourne mais les deux associations avaient fait appel permettant finalement au procès de se tenir.
L’avocat des parties civiles annonce qu’il va faire appel sur les intérêts civils « pas dans l’objectif d’obtenir des dommages et intérêts mais pour démontrer la responsabilité des Châteaux dans l’usage de moyens appropriés pour l’épandage ». Pour lui il s’agit simplement de « faire appliquer le code rural ». Il ne baisse pas les bras et espère un nouveau rebondissement en appel dans ce dossier, très sensible dans une région viticole. « Il est évident qu’on ne peut pas faire du vin sans traiter la vigne, conclut maître François Ruffié. Mais il faut que ce soit sensé ».