M6 : Comment sont choisis les « Traîtres », et autres questions que vous vous posez (ou pas) sur le jeu
SECRETS•Alors que la saison 2 des « Traîtres » se poursuit ce mercredi soir sur M6, « 20 Minutes » livre quelques anecdotes, confidences et informations glanées en conférence de presseFabien Randanne
L'essentiel
- La saison 2 des « Traîtres » est diffusée tous les mercredis, depuis le 12 juillet, sur M6, à 21h10.
- Deux nouveaux épisodes du jeu sont diffusés ce mercredi 19 juillet.
- Comment les traîtres sont-ils choisis ? Des candidats anonymes pourraient-ils participer à une prochaine saison ? Que se passe-t-il quand les caméras sont éteintes ? 20 Minutes livre les réponses à ces questions.
«Les Traîtres » sont revenus pour le plus grand plaisir de « la ménagère de moins de 50 ans ». Le premier épisode de la deuxième saison du jeu de M6 a été suivi par 1.85 million de personnes mercredi dernier et a enregistré une part d’audience de 26 % du côté des « Françaises responsables des achats de moins de 50 ans », une cible prisée car c’est elle que cherchent à toucher en priorité les annonceurs… Alors que deux nouveaux épisodes seront diffusés ce mercredi soir, 20 Minutes trahit quelques secrets (sans spoiler) de tournage glanés lors de la conférence de presse…
Comment les traîtres sont-ils choisis ?
Charlotte de Turckheim, Juju Fitcats et Guillaume Pley ont été désignés traîtres lors du premier épisode de la deuxième saison. « Autant l’année dernière, j’avais des pistes pour les traîtres potentiels au moment où on a constitué le casting, autant cette année, j’étais perdu », confie le producteur Mathieu Chalvignac. Il révèle que les rencontres de chaque candidat en tête à tête avec Eric Antoine, dont un aperçu a été donné dans l’épisode 1, ont été décisives. « A la fin de chaque entrevue, on a débriefé avec Eric et le directeur de programme, David Warren. Il y avait des personnalités qu’on voyait bien traîtres et qui, dans leurs discours n’étaient pas à l’aise avec le mensonge, et d’autres pour qui ça a été une révélation… » Les trois « élus » apprennent le rôle qui leur a été attribué lors d’une première table ronde. Les candidats sont assis, les yeux bandés, et, si Eric Antoine leur touche l’épaule, c’est qu’ils feront partie des traîtres. Cette séquence primordiale, raccourcie à l’écran, dure un bon quart d’heure en réalité. L’animateur marche autour de la table, s’arrête régulièrement puis reprend son parcours, l’objectif étant de brouiller les pistes. Pour les participants, cela semble interminable. « C’est comme la météo, quand il fait 14° mais 18° ressentis », plaisante Eric Antoine.
Comment Eric Antoine fait-il pour éviter de gaffer ou se mettre à l’abri des lapsus ?
« Je flippe ma race tout le temps, admet l’animateur. Quand je dis : "Chers loyaux, chers traîtres", il ne faut pas que mon regard trahisse quoi que ce soit. Alors, dès que les caméras arrêtent de tourner, il s’éloigne. « Je suis obligé de maintenir une certaine distance, ce qui est assez douloureux pour moi, parce que ce n’est pas dans ma nature », confie-t-il. Ses échanges en off avec les candidats sont ultra-limités. « Un soir, il est venu me voir en aparté - et ce sont les seuls mots qu’il m’a adressés à part de tout le jeu - pour me dire : "Je suis très curieux de savoir ce que tu vas écrire après tout ça" », raconte le philosophe Vincent Cespedes, auteur de plusieurs livres sur la téléréalité.
Les candidats peuvent-ils discuter lorsque les caméras sont éteintes ?
En dehors des heures de tournage, les personnalités peuvent parler de tout sauf du jeu. « Il faut que le téléspectateur puisse voir toutes les étapes de notre réflexion, sinon le programme est inmontable », souligne Kheiron. Si des candidats se mettaient, par exemple, à élaborer des stratégies sans être filmés, cela serait très compliqué à expliquer à l’écran. « Les tables rondes duraient une heure et demie ou deux heures et après ça on retournait à l’hôtel. On était suivis par des personnes de la production, on était surveillés pour ne plus en parler », explique Krystofer. Les « nounous » - selon le terme consacré - qui accompagnent les candidats sont « l’œil de Moscou », confirme Eric Antoine. Leur mission est d’empêcher « toute fuite d’information ». « On arrive à se conditionner soi-même, à se dire qu’il ne faut pas parler parce que sinon ça porterait atteinte au jeu », s’étonne Jean Lassalle. Le plus compliqué, de ce point de vue, lors des dix jours de tournage, a été la journée de repos, loin de la mécanique du jeu. L’ex-candidat à la présidentielle l’a mieux vécue que les autres : « J’ai passé un dimanche très cool, je n’ai eu à parler à personne, je me suis contenté de mon téléviseur. Il y avait Ecosse - Irlande et Angleterre - France [des matchs du Tournoi des 6 nations]. »
Les candidats avaient-ils des exigences particulières ?
Certains participants reconnaissent avoir conditionné leur participation à certains privilèges. Tibo InShape a par exemple demandé à avoir une salle de musculation à disposition - « La production a réussi à en trouver une », précise-t-il. Caroline Margeridon, elle, voulait pouvoir garder un accès à son smartphone pour « rester en contact » avec ses deux grands enfants. Elle raconte : « Quelqu’un de la production avait mon téléphone. Mes enfants savaient qu’ils ne devaient pas m’appeler, sauf en cas d’urgence. Un jour, à 3 heures du mat', j’ai eu envie de leur envoyer un message. J’ai écrit à mon fils : "Tu connais le jeu du Loup-garou ?" et là, il m’a répondu dans la minute : "Maman, je monte dans la voiture, je viens te chercher, j’espère que ce n’est pas ce que tu es en train de faire !" Panique à bord, c’est là que j’ai pris conscience de ce qu’on allait continuer à vivre. »
Des anonymes pourraient-ils participer à une prochaine saison ?
Dans certains pays, comme au Royaume-Uni ou en Australie, les candidats des « Traîtres » sont des inconnus. Aux Etats-Unis, le casting est mixte : il réunit des anonymes et des personnalités. La production française affirme ne rien s’interdire pour les éventuelles prochaines saisons. Mais Mathieu Chalvignac avoue préférer miser sur la notoriété des participants : « J’aime bien l’idée de voir comment des personnalités arrivent à mentir, à se sortir de telle ou telle situation. » Pour la version tricolore, l’objectif était d’avoir « un casting impossible à trouver sur une autre chaîne », poursuit-il, avec des profils n’ayant rien à voir les uns avec les autres. « L’an dernier, les gens se demandaient ce que Bernard Werber venait faire là-dedans, cette année, même chose avec Jean Lassalle. »
Norbert Tarayre et Caroline Margeridon ont-ils vraiment pensé qu’ils étaient éliminés du jeu d’emblée ?
Dès l’arrivée à la gare, au début du premier épisode, Eric Antoine a demandé aux dix-huit personnalités de former une ligne en fonction de leur habilité à mentir. Caroline Margeridon et Norbert Tarayre se sont mis à l’extrémité correspondant à ceux qui ont le plus de mal à assumer un mensonge. Coup de théâtre, le présentateur les a exclus du jeu. A la stupeur générale, les deux malheureux ont fait demi-tour. Au départ, ils ont cru qu’il s’agissait d’une blague. Si bien qu’ils sont remontés dans le wagon en emportant les valises de Krystofer et de Tom Pernaut. Puis le train a démarré et leur exclusion a semblé se confirmer. « On avait les boules ! se remémore Norbert. Comme nous sommes assez mauvais joueurs, avec Caro, on s’est dit " Ne prévenons personne qu’on s’est fait sortir et cassons-nous à Marrakech !" » Ils n’ont cependant pas eu le loisir de prendre leur billet d’avion puisqu’ils ont fait leur retour, à la faveur d’un nouveau twist, dans l’épisode 2.